Diplomatie. La France rappelle son ambassadeur en Italie

La France a rappellé jeudi son ambassadeur en Italie après des"déclarations outrancières de la part du gouvernement

La mesure est également jugée "extraordinaire" par le quotidien britannique The Guardian, qui parle de la pire crise entre la France et l'Italie depuis la Seconde Guerre mondiale.

Ce nouvel épisode dans une relation transalpine de plus en plus exécrable depuis l'arrivée au pouvoir, en juin, de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, populiste) est la conséquence de la visite en France, mardi, du vice-Premier ministre italien, Luigi Di Maio (M5S), venu rencontrer des gilets jaunes candidats aux élections européennes. La France a décidé de rappeler son ambassadeur en Italie ce jeudi pour "des consultations" après une série de "déclarations outrancières" et "d'attaques sans fondement" et sans "précédent" de la part des dirigeants italiens.

Selon des informations de franceinfo, l'ambassadeur français en Italie, Christian Masset, devrait quitter l'Italie dans l'après-midi, sans date de retour prévue pour l'instant. "Nous sommes disponibles pour des rencontres au plus haut niveau avec le gouvernement français", a écrit de son côté Luigi Di Maio sur Facebook.

Matteo Salvini a réagi au rappel de l'ambassadeur de France. Sur les réseaux sociaux, le leader italien a ainsi annoncé avoir rencontré des responsables des gilets jaunes en concluant: " Le vent du changement a franchi les Alpes.

Sur l'immigration, la Libye, les activistes italiens recherchés pour terrorisme depuis les années 1970 et réfugiés en France ou le projet de ligne ferroviaire Lyon-Turin, les différends entre Rome et Paris ont aussi conduit à des échanges vifs ces derniers temps. La question migratoire a tout d'abord été source de plusieurs passes d'armes entre les deux pays, depuis que l'Italie a pris la décision de refuser d'accueillir les migrants sauvés en mer par les associations. "Cela n'a pas de précédent, depuis la fin de la guerre ", peut-on lire dans le communiqué du ministère des affaires étrangères.

"Avoir des désaccords est une chose, instrumentaliser la relation à des fins électorales en est une autre", a toutefois pointé la porte-parole de la diplomatie française. "La campagne pour les élections européennes ne saurait justifier le manque de respect de chaque peuple ou de sa démocratie", a souligné Agnès von der Mühll.

Matteo Salvini, tente d'organiser un front européen de l'extrême droite contre les pro-européens, incarnés notamment par le chef de l'Etat français en vue du scrutin du 26 mai. Comme En marche, qui est allié en Europe avec le Parti démocrate, parti d'opposition au gouvernement italien, le Mouvement Cinq Etoiles a le droit de rencontrer RIC, une force d'opposition au gouvernement français.

Dernières nouvelles