France-Le Sénat s'oppose à la privatisation d'ADP

Le Sénat s'oppose au projet de privatisation d'ADP

Le Sénat s'oppose à la privatisation des Aéroports de Paris mais accepte celle d'Engie

Le Sénat français a rejeté le 5 février a une très large majorité (246 voix contre 78) les amendements de la loi Pacte prévoyant la concession pour 70 ans des aéroports de Paris (ADP). La très grande majorité des Républicains, la totalités des groupes PS et CRCE (groupe communiste) ont voté pour ces amendements. Le projet de loi Pacte lui permettra, une fois adopté, de procéder à la vente au privé de tout ou partie des actifs qu'il détient dans le groupe aéroportuaire, soit 50,63% des parts représentant quelque 9,5 milliards d'euros au moment de l'élaboration du projet.

Echaudés par les précédents des sociétés d'autoroutes ou de l'aéroport de Toulouse, les uns et les autres brandissent différents arguments: on braderait "les bijoux de famille", la sécurité pourrait être menacée, Air France pâtirait de l'opération.

Si le texte va faire l'objet de nouvelles discussions entre les deux chambres, l'Assemblée nationale ayant le dernier mot, le rejet massif de l'essentiel du volet privatisations constitue un coup dur pour le gouvernement.

Les centristes, alliés de LR dans la majorité sénatoriale, sont eux plutôt partisans d'aménager le texte, de façon à obtenir des garanties supplémentaires pour protéger les intérêts de l'Etat. Supprimer du texte la privatisation d'ADP reviendrait pour le Sénat à renoncer à tenter d'influencer sa rédaction.

Elle compromettrait la possibilité que députés et sénateurs parviennent à se mettre d'accord sur une version commune du projet de loi en commission mixte paritaire.

Le sénateur a également dénoncé " le chantage opéré par le ministre de l'Économie sur la position du Sénat à propos d'ADP et la mise en place d'un fonds à l'innovation.

"S'il devait y avoir blocage sur ces questions-là (des privatisations, NDLR) tout le travail que nous avons fait tombera à l'eau", a-t-il mis en garde jeudi au fil du débat sur l'épargne retraite.

Le ministre a lui-même insisté avant le vote sur le rôle que pouvait avoir le Sénat "dans le renforcement de la régulation", rappelant à plusieurs reprises qu'il était prêt à accepter des amendements dans ce sens.

"J'entends bien sûr les inquiétudes, les critiques (.), j'entends les comparaisons un peu rapides qui sont faites avec le précédent des autoroutes", avait-il déclaré.

Michel Vaspart (LR) a jugé "étonnant de vendre au privé ce qui rapporte à l'État", se disant "opposé à la privatisation d'un monopole".

La privatisation de l'aéroport de Roissy Charle-de-Gaulle a été rejetée par le Sénat.

La privatisation des aéroports parisiens doit alimenter un fonds d'innovation d'environ 10 Md€, conjointement avec la privatisation de la majorité du capital de la Française des jeux et d'Engie.

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