Le faux médecin Jean-Claude Romand reste en prison

Le faux Docteur Romand auteur du quintuple meurtre survenu aux portes de Genève en 1993 ici

Le faux Docteur Romand auteur du quintuple meurtre survenu aux portes de Genève en 1993 ici

Il a désormais purgé ces années et a demandé en septembre 2018 sa libération conditionnelle.

La justice a refusé sa libération conditionnelle au faux médecin Jean-Claude Romand, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1996 pour avoir tué sa femme, ses enfants et ses parents en janvier 1993.

"Le tribunal de l'application des peines de Châteauroux a considéré qu'+en dépit de son parcours d'exécution de peine satisfaisant, les éléments du projet présenté et de sa personnalité ne permettent pas, en l'état, d'assurer un juste équilibre entre le respect des intérêts de la société, des droits des victimes et de la réinsertion du condamné+ et a donc décidé de rejeter la demande de libération conditionnelle déposée par M. Jean-Claude Romand", a indiqué vendredi la procureure de la République de Châteauroux, Stéphanie Aouine, dans un communiqué. Il s'est fait passer pendant toute sa vie pour un brillant médecin, et prétendait travailler comme chercheur pour l'OMS, l'organisation mondiale de la santé. Le tribunal d'application des peines de Châteauroux s'est prononcé vendredi après-midi.

Me Laure Moureu, qui représente les deux frères de Florence Romand, l'épouse assassinée, s'est dite "satisfaite" d'une décision qui, selon elle, "s'imposait". À l'issue de l'audience fin janvier à la prison de Saint-Maur, dans l'Indre, près de Châteauroux où Jean-Claude Romand est détenu, son avocat Jean-Louis Abad s'était dit "très serein", assurant que son client avait trouvé "une structure extrêmement sérieuse et qui est prête à l'accueillir".

Attendue initialement lundi 11 janvier après une première audience au mois de novembre, la décision avait été reportée en en raison de l'apparition "de nouvelles pièces, de nature à influer sur la décision du tribunal", communiquées par l'administration pénitentiaire.

Le parcours du "docteur Romand" est celui d'une histoire hors norme qui a fasciné le public et largement inspiré cinéma et littérature ("L'adversaire" d'Emmanuel Carrère a été adapté au cinéma en 2002 par Nicole Garcia). Pendant des années, il ment à son entourage.

Les faits se sont produits il y a plus de 25 ans.

Acculé par plusieurs débiteurs dont certains découvrent son imposture, le faux médecin de 38 ans craque.

Au bord d'être démasqué, l'imposteur tue sa femme avec un rouleau à pâtisserie puis ses deux enfants, qu'il tue d'un coup de carabine. Il opérera de la même manière avec son fils Antoine âgé de cinq ans. Il repart pour Paris retrouver son ancienne maîtresse et la conduit en forêt de Fontainebleau pour un prétendu dîner avec Bernard Kouchner. Là-bas, il asperge la jeune femme avec une bombe lacrymogène, mais renonce à l'assassiner devant ses hurlements et supplications. De retour dans l'Ain, il met le feu à sa maison et avale des barbituriques. Il sera retrouvé inconscient mais vivant par les pompiers.

Dernières nouvelles