Allemagne: Facebook ne pourra plus croiser ses données issues d’Instagram et WhatsApp

Le slogan de Facebook limité par les autorités allemandes

L'Allemagne porte un coup d'arrêt au monopole de Facebook

" Les services appartenant à Facebook, tels que WhatsApp et Instagram, peuvent continuer à collecter des données".

Appelé "Pourquoi je vois cette publicité", le bouton devrait être introduit pour tous les utilisateurs à la fin du mois de février ainsi que l'annonce une publication sur la page Facebook Advertiser Hub (lien en anglais), justement dédiée aux annonceurs publicitaires.

Yvonne Cunnane, Responsable de la protection des données chez Facebook Ireland, et Nikhil Shanbhag, Directeur et conseiller général adjoint, expliquent que les autorités allemandes " sous-estiment la concurrence féroce à laquelle nous sommes confrontés en Allemagne, interprètent de manière erronée notre conformité avec le RGPD et porte atteinte aux mécanismes prévus par la législation européenne pour garantir des normes cohérentes en matière de protection des données dans l'UE ". Facebook se défend en affirmant que le contrôle de confidentialité des données ne relève pas des compétences de compétences du Bundeskartellamt (Office Fédéral de lutte contre les Cartels, FCO), l'équivalent allemand de l'autorité de la concurrence en France.

Facebook va permettre à ses utilisateurs de savoir qui a acheté ses données. Une occasion aussi pour Facebook d'insister sur le fait qu'elle considère parfaitement respecter le règlement européen pour la protection des données. Sévir étant d'ailleurs un bien grand mot, puisque, selon la BBC, la décision n'a pas encore de caractère contraignant, Facebook ayant un mois présenter ses arguments avant que la décision soit définitive. Si WhatsApp a réaffirmé que les bannières publicitaires ne seront toujours pas autorisées sur sa plateforme, le réseau social a indiqué que les messages envoyés par les marques pourront "contenir une offre pour quelque chose qui pourrait vous intéresser ".

Si le réseau social devait donc modifier sa manière de collecter les informations personnelles de ses utilisateurs, alors, c'est l'ensemble de l'activité publicitaire de Facebook qui se retrouverait perturbée.

Par contre, l'autorité s'inquiète du fait que la plupart des utilisateurs de Facebook ne sont pas conscients du fait qu'au-delà des données générées par l'utilisateur de leur propre compte, il y a un recoupement qui est effectué avec des données provenant d'autres sources, permettant la création d'une masse d'information insoupçonnée. "Les autorités allemandes reconnaissent clairement que l'entreprise est fondée à traiter les données de chacune de ses plateformes de messagerie".

Comme dans de nombreux pays, Facebook dispose d'une position dominante sur le marché allemand en ce qui concerne les réseaux sociaux (part de marché de 95 % en ce qui concerne les utilisateurs actifs quotidiens et plus de 80 % sur les utilisateurs actifs mensuels).

Le président de l'autorité a déclaré: " En tant que société dominante, Facebook est soumis à des obligations particulières en vertu du droit de la concurrence. "Le consentement est une fiction", selon Khan. Dans le fonctionnement de son modèle économique, l'entreprise doit tenir compte du fait que les utilisateurs de Facebook ne peuvent pratiquement pas passer à d'autres réseaux sociaux. Dans une situation aussi difficile, le choix de l'utilisateur ne peut pas être qualifié de consentement volontaire. D'autant que les premières tentatives pour obliger les agences publicitaires à demander aux utilisateurs leur consentement pour récupérer leurs données personnelles s'est avérée fort peu utile, puisque Facebook se contentait de leur bonne foi, la procédure étant purement déclarative. Cette décision est une prise de pouvoir des autorités allemandes qui va surtout créer de la confusion en Europe.

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