La droite et l'extrême droite espagnoles dans la rue contre Pedro Sanchez

Espagne:

L'ex-Premier ministre socialiste français candidat à la mairie de Barcelone l'a annoncé sur son compte

Le PP, Ciudadanos et Vox reprochent à Pedro Sanchez - arrivé au pouvoir en juin notamment grâce aux voix des indépendantistes catalans et dont il a absolument besoin pour faire passer son budget -, de "trahir" l'Espagne et d'aller à l'encontre de l'unité du pays en tentant de dialoguer avec les séparatistes.

Aux cris de "Sanchez démission", la droite et l'extrême droite ont mobilisé plusieurs dizaines de milliers de personnes: environ 45.000 personnes selon la police, plus de 200.000 d'après le Parti populaire (PP, droite). Manuel Valls a beau protester de sa bonne foi: il s'affiche bon gré mal gré en compagnie des auteurs du scénario espagnol en train de s'écrire qui voit une nouvelle fois le "cordon sanitaire" autour des extrême droites européennes défaillir. "(.) Ici, ce sont les Espagnols qui ont envie de défendre la Constitution". Cette manifestation, qui s'annonce importante, a lieu deux jours avant l'ouverture le 12 février du procès historique de 12 anciens dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne d'octobre 2017.

"L'Espagne ne mérite pas un gouvernement qui s'assied à une table où l'on remet en cause la souveraineté nationale, et le président ne peut prolonger davantage son agonie politique", poursuit le quotidien libéral, appelant ouvertement à des élections anticipées.

Le quotidien catalan El Periódico qualifie ainsi de "fake news" l'affirmation du manifeste selon laquelle le président a "cédé en acceptant les 21 conditions" du président indépendantiste de la communauté autonome de Catalogne, Quim Torra.

Malgré cette concession, le dialogue a été rompu vendredi entre gouvernement et indépendantistes. Si la motion donne automatiquement le pouvoir à celui qui la présente, en l'espèce Pedro Sánchez, ce n'est pas pour autant qu'il dispose de soutiens pour gouverner par la suite. "Le gouvernement espagnol travaille pour l'unité de l'Espagne", a-t-il déclaré, cité par La Vanguardia.

Brandissant des drapeaux espagnols et des pancartes clamant "Stop Sanchez", les manifestants se sont rassemblés sur la place Colon avec pour mot d'ordre "Pour une Espagne unie, des élections maintenant".

Et si les "trois droites" s'étaient déjà alliées en janvier pour remporter la présidence de l'Andalousie, leurs leaders nationaux n'étaient jamais apparus ensemble sur une "photo de famille". Mais il ne faut pas laisser le terrain du patriotisme à l'extrême droite.

"Vox, un parti sans représentation au Congrès, a réussi à se placer, littéralement, à la même hauteur, partageant l'affiche avec un parti (le PP) qui a gouverné l'Espagne pendant presque quinze ans et un autre (Ciudadanos) qui compte 32 sièges", écrit le quotidien de centre gauche.

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