Vers des élections législatives anticipées en Espagne — Budget rejeté

Le patron du PP Pablo Casado au parlement espagnol à Madrid le 13 février 2019

Espagne : l'échec du budget pousse Pedro Sanchez à de nouvelles élections

Le Parlement espagnol a rejeté mercredi le projet de budget 2019 du gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, ce qui pourrait ouvrir la voie à des élections législatives anticipées. Les législatives anticipées pourraient avoir lieu au mois d'avril.

L'issue du vote ne faisait guère de doute, les deux partis indépendantistes catalans représentés au Parlement national, le Parti démocrate européen catalan (PDeCAT) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), ayant annoncé qu'ils voteraient contre le projet de loi de finances pour protester contre la politique du gouvernement envers la Catalogne.

A la tête d'un gouvernement ultra-minoritaire avec seulement 84 députés socialistes sur 350, le socialiste avait promis à son arrivée au pouvoir en juin de convoquer rapidement des élections avant de changer d'avis et de décider de présenter un budget pour tenter de se maintenir au pouvoir jusqu'à la fin de la législature en 2020.

Si Pedro Sánchez n'est "pas obligé légalement" de convoquer des élections, une prorogation du dernier budget étant possible, il serait désormais "difficilement justifiable" de ne pas le faire politiquement, a indiqué l'analyste à l'AFP.

Le projet de budget a été rejeté par 191 voix contre 158 et une abstention.

Les jours qui viennent seront décisifs pour le parlement espagnol.

Le vote du budget s'est déroulé dans un contexte tendu, alors qu'a débuté, mardi, le procès de 12 dirigeants indépendantistes à l'origine de la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017. Le ministère public va requérir des peines allant jusqu'à 25 ans de prison.

Aucun parti ne semble en mesure d'atteindre la majorité.

Ce rejet "marque la fin du voyage de Pedro Sanchez à la tête du gouvernement", a lancé le patron du PP. Pablo Casado a évoqué une "motion de censure de facto" à l'encontre du socialiste, lui-même arrivé au pouvoir en juin, à la faveur d'une motion de censure contre l'ancien chef du PP, Mariano Rajoy.

Dernières nouvelles