La bataille judiciaire contre Trump est lancée

Des manifestants protestent devant la Maison Blanche contre la décision de Donald Trump de décréter

Etats-Unis: 16 Etats contestent en justice l'urgence nationale décrétée par Donald Trump

En décrétant le 15 février l'état d'urgence afin de financer son "mur" à la frontière, le président Trump bafoue les prérogatives du Congrès pour mieux camoufler un échec cuisant, dénonce ce chroniqueur conservateur.

Donald Trump, qui ne cache pas sa volonté de se représenter en novembre 2020, avait promis lors de la campagne de 2016 de construire un mur le long des quelque 3 200 kilomètres de la frontière avec le Mexique, seul moyen selon lui d'endiguer l'immigration illégale en provenance d'Amérique centrale.

Trois particuliers du Texas et un groupe de protection de l'environnement ont déposé vendredi les premiers recours en justice après que Donald Trump a proclamé l'état d'urgence, accusant le président américain de violer la Constitution et de porter atteinte à leurs droits de propriété.

Les plaignants estiment que le caractère d'urgence contrevient à deux dispositions constitutionnelles, l'une définissant les procédures législatives, l'autre attribuant au Congrès le dernier mot en matière de financement public.

Le département d'Etat reconnaît qu'aucune preuve crédible n'établit que les terroristes utilisent la frontière sud pour pénétrer aux Etats-Unis. "Les données fédérales confirment que les immigrants ont moins tendance à commettre de crimes que les Américains nés dans le pays", précise le texte. Le recours contient par ailleurs une demande de suspension en référé de la déclaration d'urgence tant que se poursuit la bataille judiciaire, selon le quotidien Washington Post.

Les médias US ont rapporté que le Nouveau Mexique, l'Oregon, le Minnesota, le New Jersey, Hawaii et le Connecticut figuraient parmi les États qui se joignent aux poursuites judiciaires.

Pour rappel, au Congrès, la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, avait annoncé vendredi l'ouverture "immédiate" d'une enquête parlementaire.

Comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo en tête de cet article, les opposants au président américain voient dans cette décision un abus de pouvoir: rien ne justifie, selon eux, la qualification d'état d'urgence, réservé à une situation exceptionnelle.

Toutefois, la suite pourrait lui être définitivement favorable, "nous finirons devant la Cour suprême où nous avons bon espoir d'avoir une décision équitable, et nous allons gagner devant la Cour suprême". Sa confiance dans la plus haute juridiction du pays s'explique sans doute par la présence des juges conservateurs qu'il y a nommés. Avec les 1,4 milliard de dollars accordés par la Congrès, le président Trump bénéficierait d'une enveloppe totale, estimée à 8 milliards de dollars. Le désaccord entre le camp Trump et les démocrates entraîné un "shutdown" (fermeture partielle de l'administration) record de 35 jours.

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