Canada : Nouvelle démission au sein du gouvernement Trudeau

La Presse canadienne  Ryan Remiorz

La Presse canadienne Ryan Remiorz

Jody Wilson-Raybould, ancienne ministre canadienne de la Justice, vient de faire de nombreuses révélations.

Pour justifier sa démission, Mme Philpott, au gouvernement depuis 2015 et réputée proche de Mme Wilson-Raybould, explique n'avoir "plus confiance dans la façon dont le gouvernement a géré cette affaire et dans sa réponse à ces questions".

Lors d'un rassemblement partisan lundi soir à Toronto, M. Trudeau n'a pas répété le même message qu'il avait livré depuis l'éclatement de la controverse il y a un mois, à savoir qu'aucune pression indue n'était exercée, et que le gouvernement pesait dans la balance ses inquiétudes quant au sort des 9000 employés de SNC-Lavalin dans le respect de l'indépendance du système judiciaire.

- Pourquoi venir à la rescousse de SNC-Lavalin?

L'opposant politique conservateur canadien, Andrew Scheer, a demandé au Premier ministre, Justin Trudeau, de présenter sa démission le 27 février après que l'ancien ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a révélé dans un témoignage qu'elle avait subi des pressions de la part du cabinet du Premier ministre pour empêcher des poursuites pénales à l'encontre d'une entreprise. L'ancienne ministre a aussi affirmé avoir été l'objet de "menaces voilées" et s'être entendue dire par le plus haut fonctionnaire du pays qu'elle devrait "éviter un affrontement avec le Premier ministre" dans ce dossier.

Or le groupe québécois, basé à Montréal, est l'un des principaux employeurs privés du pays, avec 9.000 salariés au Canada.

Cette compagnie est accusée de fraude et de corruption dans une affaire remontant à quatre ans dans laquelle SNC-Lavalin aurait versé près de 36 millions de dollars de pots-de-vin à des responsables publics de l'ancien gouvernement libyen de feu Mouammar Kadhafi et fraudé des organisations libyennes d'un montant estimé à 98 millions de dollars entre 2001 et 2011.

"L'affaire SNC-Lavalin", comme l'a baptisée la presse canadienne, tombe au plus mal pour le Premier ministre alors que des élections législatives sont prévues en octobre et que le chef du gouvernement doit déjà affronter une crise diplomatique sans précédent avec la Chine. La ministre Judy Wilson Raybould - qui était également procureure générale, les deux fonctions étant occupées par la même personne au Canada - a "ignoré" ces demandes, ce qui lui aurait valu son poste: mi-janvier, elle a été rétrogradée ministre des Anciens combattants, avant de démissionner. "Son image est affectée, surtout à l'extérieur du Québec".

Un sondage publié la semaine dernière donnait pour la première fois les Conservateurs en tête des intentions de vote, devant les Libéraux de M. Trudeau.

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