Donald Trump fustige le Parti démocrate — Antisémitisme au Congrès

Ilhan Omar élue du Minnesota à la Chambre basse du Congrès américain le 7 mars 2019 à Washington /AFP

Ilhan Omar élue du Minnesota à la Chambre basse du Congrès américain le 7 mars 2019 à Washington AFP

Lors d'une séance de la Commission des Affaires étrangères de la chambre, Ilhan Omar a repris un vieux poncif antisémite en accusant les élus pro-israéliens au Congrès de double allégeance. Il " condamne l'antisémitisme comme une expression odieuse d'intolérance, contradictoire avec les valeurs et les aspirations qui définissent le peuple américain, et condamne les discriminations anti-musulmanes, ainsi que l'intolérance contre toute minorité ".

Le président de cette prestigieuse commission, Eliot Engel, juif lui-même, a vivement réagi et a demandé (en vain) à la représentante démocrate de présenter ses excuses pour "ses propos scandaleux et blessants" et "son infame insulte anstisémite".

Après le vote du texte, le lobby pro-israélien Aipac a publié un communiqué remerciant la Chambre des Représentants mais soulignant: "Les accusations de double -allégeance (par Ilhan Omar) constituent des propos nettement antisémites ainsi qu'une offense envers des millions d'Américains - juifs et non-juifs - qui soutiennent Israël".

Après plusieurs jours de profonds questionnements et divisions internes, les chefs démocrates ont finalement présenté ce texte de consensus.

La chambre des représentants doit voter en principe une résolution condamnant l'antisémitisme.

Des républicains ont eux affirmé avoir voté contre parce que le texte avait été "édulcoré".

En annonçant le vote, Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, a jugé qu'Ilhan Omar n'avait "peut-être pas apprécié la pleine portée" de ses propos.

Pour l'élu démocrate Ted Deutch, les mots de Mme Omar "suggèrent que des juifs comme moi (.) ne sont pas des Américains loyaux".

Une accusation qui sonne particulièrement faux depuis, avec le glissement du parti vers la gauche et les propos tenus par nombre de ses membres, dont Rashida Tlaib et Ilhan Omar, nouvelles élues au Congrès. "A une époque où l'extrémisme gagne du terrain, nous devons ouvertement dénoncer toutes les formes d'intolérance religieuse et reconnaître la douleur ressentie par toutes les communautés".

Dès mercredi, le président républicain avait déploré que les démocrates "ne prennent pas une position plus ferme contre l'antisémitisme". Des démocrates lui ont répondu en rappelant ses propos équivoques après un rassemblement de néonazis à Charlottesville, en 2017. Une manifestante antiracisme avait été tuée par un néonazi qui avait foncé dans une foule en voiture.

L'organisation progressiste juive J-Street s'est dite "profondément inquiète face au langage dangereux" d'Ilhan Omar.

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