Le fonds souverain norvégien se désengage des compagnies pétrolières

Le fonds souverain norvégien le plus gros au monde se désengage de certaines compagnies pétrolières

La ministre norvégienne des Finances Siv Jensen le 20 avril 2018 à Washington- SAUL LOEB

Si cette proposition est dictée par des considérations financières et non environnementales, le désengagement d'un investisseur qui pèse plus de 1.000 milliards de dollars est néanmoins aussi perçu comme un grand coup porté aux énergies fossiles polluantes.

Le projet du gouvernement prévoit de céder les participations dans les sociétés spécialisées dans l'amont du secteur pétrolier, à savoir l'exploration et la production. Cela pourrait potentiellement toucher l'américaine Chesapeake, la canadienne Encana, la chinoise CNOOC, la française Maurel et Prom ou encore la britannique Tullow. En revanche, le fonds norvégien va conserver ses investissements dans des entreprises " intégrées " (présentes sur toute la chaîne), comme les géants ExxonMobil, Shell, BP ou Total. La proposition du gouvernement porte sur 7,5 milliards de dollars d'actifs sur les quelque 37 milliards détenus par le fonds dans le secteur du pétrole et du gaz fin 2018.

La proposition, qui suit en partie les recommandations de la Banque de Norvège, devrait obtenir le feu vert du Parlement d'Oslo, où la coalition de centre droit au pouvoir dispose d'une majorité.

En effet entre le fond souverain et l'économie du pays on peut comprendre que la Norvège décide de réduire le risque lié à la volatilité des cours du baril de pétrole ou du prix du gaz naturel.

"La banque centrale norvégienne, chargée de gérer l'énorme bas de laine communément appelé..." fonds pétrolier ", avait fait sensation en novembre 2017 en prônant une sortie des valeurs pétrolières afin de réduire l'exposition de l'Etat norvégien à ce secteur.

Yossi Cadan a l'espoir que d'autres gros investisseurs se retirent également du marché pétrolier suivant la décision de la Norvège.

Pour les organisations de défense de l'environnement et les acteurs de la lutte contre le changement climatique, il s'agit cependant d'un succès bienvenu à l'heure où la planète semble mal engagée pour tenir les objectifs de l'Accord de Paris.

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"La décision devrait être perçue comme une alerte rouge pour les banques privées et les investisseurs dont les actifs pétroliers et gaziers deviennent de plus en plus risqués et moralement intenables ", a-t-il affirmé. Vu les sommes en jeu, un désengagement devrait prendre du temps.

La ministre norvégienne des Finances, Siv Jensen, prend la parole lors d'une conférence de presse sur les fonds souverains et les valeurs pétrolières, le 8 mars 2019 à Oslo.

Le fonds norvégien avait déjà pris par le passé la décision de se retirer du secteur du charbon, à la fois pour des raisons environnementales, mais aussi financières.

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