Musée juif de Bruxelles: Nemmouche condamné à la réclusion à perpétuité (cour)

Attentat du Musée juif de Bruxelles: verdict final pour Nemmouche qui risque la prison à vie

Attentat au musée juif: le verdict du procès Nemmouche prononcé

La dernière de ce procès commencé le 7 janvier et profondément marqué par le choix de défense du principal accusé.

Le djihadiste français Mehdi Nemmouche, reconnu coupable des quatre assassinats terroristes commis en 2014 au musée juif de Bruxelles, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité dans la nuit du 11 au 12 mars par la cour d'assises de la capitale belge.

Ce verdict, uniquement susceptible d'un pourvoi en cassation sous 15 jours, prononcé après huit heures de délibérations, est conforme aux réquisitions de l'avocat général, Yves Moreau, qui avait dénoncé le caractère "psychopathe" du jihadiste français lors de son réquisitoire. Après le verdict, que Nemmouche a écouté impassible, Me Courtoy a qualifié de "prévisible" la peine de prison à vie, dès lors que son client refusait le "grand déballage exhibitionniste sur son enfance assassinée (.) pour jouer sur les bons sentiments des jurés". Son co-accusé Nacer Bendrer, un délinquant marseillais coupable de lui avoir fourni les armes, a écopé d'une peine de 15 ans de réclusion. "C'est un monstre, un fils de pute né", a-t-il ajouté.

Deux peines qui sont assorties d'"une mise à disposition " à la justice pour une durée de 15 ans pour M. Nemmouche et de 5 ans pour M. Bendrer.

Le premier, un délinquant multirécidiviste devenu un soldat du djihad, a été reconnu coupable d'avoir abattu de sang-froid, en moins d'une minute et demie, les époux Riva ainsi qu'un jeune employé belge et une bénévole française, le 24 mai 2014 au Musée juif. En d'autres termes, cette mesure permet une surveillance judiciaire au-delà de la peine principale.

Les 12 jurés avaient estimé dès jeudi que Nemmouche, 33 ans, et Bendrer, 30 ans, étaient tous deux auteurs de la tuerie, mais ce n'est que lundi, après un dernier débat entre accusation et défense, que les peines, qui seront purgées en France, ont été prononcées. Il a notamment souligné le passé criminel de Nacer Bendrer, la fourniture " d'armes de guerre puissantes " à l'auteur matériel des faits, " l'absence de remise en cause de sa démarche " au regard de l'usage que pouvait en faire Mehdi Nemmouche ainsi que ses " versions variables et incomplètes " devant les enquêteurs.

" Si vous nous dites aujourd'hui qu'en Belgique, on peut être un terroriste sans être condamné très sévèrement, alors il ne faudra pas s'étonner de voir des gens débarquer chez nous avec des bombes ou des armes de guerre dans leurs valises", a aussi insisté M. Moreau à l'adresse du jury populaire, à qui il a réclamé de la " fermeté ". Son avocat Me Sébastien Courtoy a soutenu la thèse d'une tuerie ciblant des "agents du Mossad" (les services secrets israéliens), organisée par de supposés agents des services libanais ou iraniens, ce qui n'a été étayé par aucune élément concret.

Le verdict de jeudi, qui retient les preuves de l'enquête accablant Nemmouche (ADN, empreintes sur les armes, vidéos de revendication etc), est " une gifle pour la défense et toutes les théories négationnistes et complotistes", a commenté Me Vincent Lurquin, représentant d'une partie civile.

Ce natif de Roubaix (nord de la France) avait été arrêté à Marseille (sud) le 30 mai 2014, six jours après la tuerie, en possession des armes utilisées, un revolver et un fusil d'assaut de type Kalachnikov.

Me Michèle Hirsch, pour les organisations juives de Belgique (CCOJB), a insisté sur l'importance du témoignage des deux journalistes otages en Syrie ayant reconnu en Nemmouche un de leurs geôliers.

Le récit de cette séquestration -objet d'une procédure distincte en France- a, selon l'avocate, montré que Nemmouche appartenait à "la même meute" que les auteurs des attentats de Paris et Bruxelles de 2015-2016, revendiqués par l'EI.

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