6 ans de prison pour le cardinal Pell en Australie — Pédophilie

Devant le tribunal de Melbourne mercredi

Devant le tribunal de Melbourne mercredi

Ce n'est qu'au mois de février suite à des questions juridiques, que le cardinal Pell sera reconnu coupable de pénétration sexuelle et d'attentats à la pudeur sur deux adolescents, âgés de 13 ans au moment des faits. Il continue de clamer son innocence - interrogé par la police à Rome en 2016, il avait même qualifié les accusations de "tas d'inepties absolues" -, et ses avocats ont fait appel. Ils ne l'ont appris qu'après sa mort d'une overdose d'héroïne en 2014, à l'âge de 31 ans. Il a été placé en détention provisoire fin février après que le juge a révoqué la liberté conditionnelle dont il bénéficiait pour raisons médicales.

Pour garantir le cours de la justice, le Pape avait confirmé les mesures conservatoires déjà prises vis-à-vis du cardinal Pell lors de son retour en Australie, c'est-à-dire, durant tout le temps de la procédure, l'interdiction de l'exercice public du ministère et de tout contact avec des mineurs.

En décembre 1996, le prélat avait imposé une fellation à une victime et s'était masturbé en se frottant contre l'autre, alors que les deux garçons âgés de 13 ans s'étaient cachés dans la sacristie de la cathédrale de Melbourne pour y boire du vin de messe. "C'est difficile de trouver du réconfort" dans cette décision, a déclaré une victime identifiée seulement par l'initiale "J", par la voix de son avocate Vivian Waller. Il avait aussi révélé les répercussions inimaginables des actes posés par l'homme de Dieu sur les victimes. Son avenir au sein de l'Eglise est désormais plus qu'incertain. "Vous ne devez pas servir de bouc émissaire", a-t-il ajouté en précisant bien qu'il n'était "pas là pour juger l'Eglise catholique".

"Le cardinal " a droit à une justice équitable et constante ", a lancé à l'audience le juge Peter Kidd, regrettant la " mentalité de meute " d'une partie de l'opinion publique".

La défense argue que le verdict est "déraisonnable" et que la décision se fonde sur le témoignage de la seule victime survivante, qui plus est sur des faits vieux de plus de deux décennies.

Le condamné saura début juin s'il aura droit à un procès en appel. Elle dénonce aussi le fait que le juge ne lui ait pas permis de diffuser à l'audience une animation vidéo qui aurait pu selon elle jeter un doute sur la possibilité pour deux enfants de choeur de se retrouver seuls dans la sacristie après la messe du dimanche.

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