Brexit : rejet d'un nouvel accord, Theresa May en échec

Les députés britanniques ont une nouvelle fois désavoué leur première ministre

Royaume Uni: report de la date de sortie de l'Union Européenne

La voix fatiguée, devant les représentants de la Chambre des Communes, Theresa May a ainsi déclaré: "Je regrette profondément la décision que cette chambre a prise".

La perspective d'un départ sans accord, un scénario baptisé " hard Brexit ", est la hantise des milieux d'affaires, avait rappelé plus tôt dans la journée Catherine McGuinness, présidente du comité politique de la City of London Corporation, l'institution qui dirige le quartier d'affaires de la capitale britannique.

"Après que l'Union européenne a fourni des assurances additionnelles au Royaume-Uni, en décembre, janvier et mars, nous sommes arrivés au bout de la négociation sur les conditions du retrait", regrette l'Elysée, ajoutant: "Comme l'UE l'affirme de façon constante et répétée, l'accord de retrait n'est pas renégociable". "Pour le dire clairement: avec cette décision, nous nous rapprochons de plus en plus d'un scénario sans accord", estime Heiko Maas, qui accuse Londres de "jouer négligemment avec le bien-être des citoyennes et citoyens et de l'économie". Mais une fois le "no" officialisé, l'Union européenne, par la voix du chef de la diplomatie allemande, s'est voulue fataliste. Veut-elle organiser un deuxième référendum? "Ou partir avec un accord, mais pas cet accord?".

À l'issue d'une rencontre de dernière minute lundi soir à Strasbourg (est de la France) avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, Theresa May avait annoncé avoir obtenu des "changements légalement contraignants". Sans accord sur un report ou un accord de divorce, le Royaume-Uni sortira de fait de l'Union européenne le 29 mars prochain. Son appel n'a pas convaincu.

Celles-ci concernent le "backstop" ("filet de sécurité"), la disposition la plus controversée de l'accord de divorce. Il s'agit d'un dispositif de dernier recours qui vise à éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande afin de préserver les accords de paix de 1998 et l'intégrité du marché unique européen.

Le rejet de l'accord a ravi des europhiles rassemblés devant le Parlement de Westminster et militant pour l'organisation d'un nouveau référendum.

S'il est rejeté, "le Parlement votera pour une extension (de l'article 50, qui fixe au 29 mars la date du Brexit, ndlr), et l'extension entraînera un report, davantage de confusion, et un risque majeur qu'il n'y ait pas de Brexit du tout".

"Si un délai additionnel était demandé, il faudrait alors qu'on nous explique pourquoi faire (.) Ce ne peut être pour renégocier un accord que nous avons négocié durant de nombreux mois et dont nous avons dit qu'il n'était pas renégociable", a-t-il prévenu.

Cox, ces ajouts réduisent certes "le risque" que le Royaume-Uni soit "indéfiniment et contre sa volonté" pris dans le "filet de sécurité" en clarifiant le mécanisme.

En rejetant l'accord, et alors qu'un report du Brexit se profile, n'auraient-ils pas finalement scié la branche sur laquelle ils étaient assis?

Définir le nouveau délai et le motiver auprès de Bruxelles pour que cette extension soit acceptée par les Européens ne sera pas si aisé.

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