"Trop masculine" pour être violée, le procès qui fait scandale — Italie

Italie: Accusés de viol, deux hommes sont blanchis car la victime avait l'air masculin

Italie : "Trop masculine" pour être violée, le procès qui fait scandale

"Mais les magistrates avaient décidé qu'il n'était " pas possible d'exclure la possibilité " que la victime présumée " ait organisé la soirée "exubérante" ".

En 2016, les deux Péruviens avaient pourtant été reconnus coupables du viol d'une jeune femme péruvienne, elle aussi. L'un des hommes a dit avoir enregistré le numéro de téléphone de l'intéressée avec le surnom "Viking". Une supposition que semble confirmer la photographie dans son dossier, ont-elles ajouté. C'est en 2017 que les deux hommes ont été acquittés mais les raisons de ce non-lieu n'ont été révélées que vendredi dernier lorsqu'une juridiction supérieure a ordonné la tenue d'un nouveau procès.

Le jury - trois femmes - a considéré "que l'histoire de cette femme n'était pas assez crédible étant donné qu'elle ressemblait à un homme et que, par conséquent, n'était pas attirante", rappelle le quotidien britannique, citant l'avocate de la jeune femme.

L'indignation est montée parmi l'opinion publique. 200 manifestantes l'ont d'ailleurs exprimé ce lundi devant la Cour d'Appel d'Ancona en accusant le système judiciaire de misogynie et de " chasse aux sorcières ", comme en témoignent les vidéos diffusées par les médias locaux. En effet, les juges ont disculpé deux hommes reconnus coupables de viol sur une péruvienne parce que ces magistrats ont estimé que la victime était trop masculine et donc trop laide pour susciter l'attraction. L'initiative a été prise par Rebel Network, un groupe activiste féministe, qui a qualifié la décision des juges d'Ancône "digne du Moyen-Âge". La femme avait prétendu que l'un des hommes l'avait violée pendant que l'autre montait la garde, après avoir versé de la drogue dans son verre. "Elles ont acquitté les accusés sous prétexte qu'il n'ont pas pu avoir envie de violer une fille au physique trop masculin", porte-parole du mouvement Rebel Network. Des médecins avaient indiqué que les blessures de la jeune femme correspondaient bien à un viol et que des traces de drogue avaient été trouvées dans son sang.

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