Ses mises en examen maintenues par la justice — Tariq Ramadan

Tariq Ramadan : la justice maintient ses deux mises en examen pour viols

Tariq Ramadan a reconnu en octobre une relation sexuelle avec chacune des deux plaignantes. MEHDI FEDOUACH AFP

La cour d'appel de Paris a décidé ce jeudi de maintenir la mise en examen pour viols de Tariq Ramadan.

Les magistrats qui se sont prononcés sont ceux qui avaient, à la surprise générale, remis en liberté Tariq Ramadan mi-novembre, après cette volte-face.

Mi-janvier déjà, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait examiné, à huis clos, le recours de Tariq Ramadan contre une décision des juges d'instruction: ils avaient refusé l'été dernier de le placer sous le statut intermédiaire de témoin assisté, première étape vers le non-lieu qu'il réclame, jugeant cette requête "prématurée".

Tariq Ramadan est en prison depuis plusieurs mois.

"Même dans les moments de fougue et de domination, un non c'était un non", s'était-il défendu lorsqu'il avait reconnu en octobre devant les juges d'instruction une relation consentie avec chacune de ses accusatrices. Mais la révélation en septembre de l'existence de centaines de SMS explicites exhumés d'un vieux téléphone de Christelle l'a contraint à changer de version, après neuf mois de détention provisoire. "Face aux mensonges et aux dénégations de Tariq Ramadan, la parole des plaignantes a pesé plus lourd, a commenté, à la sortie de l'audience, M Eric Morain, l'avocat de Christelle". Plusieurs actes d'investigation sont toujours en cours et pourraient apporter d'autres éléments de preuve.

Le bras de fer tourne désormais autour de l'abondante correspondance sexuelle de Tariq Ramadan avec les deux femmes, qui a fragilisé leur témoignage tout en documentant, selon les parties civiles, l'emprise du prédicateur sur elles.

En premier lieu, la datation d'un SMS de Christelle dans lequel elle écrit que Tariq Ramadan lui a "manqué" dès qu'elle a "passé la porte" est au coeur des débats.

En Suisse, Tariq Ramadan est également mis en examen après une plainte pour viol déposée en avril 2018 par une femme d'une cinquantaine d'années surnommée "Brigitte" par la presse. Ils contiennent des propositions sexuelles mais également des reproches de violences et de manipulation.

De manière constante depuis leur plainte, en octobre 2017, Henda Ayari et Christelle ont décrit chacune un premier rendez-vous qui a basculé dans des rapports sexuels brutaux et contraints. En février, il a déposé des plaintes pour dénonciation calomnieuse à l'encontre de Henda Ayari et de Christelle qui ne pourront être examinées, quoi qu'il en soit, seulement après la clôture de l'instruction judiciaire. Le prédicateur, qui souffre d'une sclérose en plaques, a dû verser une caution préalable de 300'000 euros et remettre son passeport suisse.

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