4e vendredi de manifestations anti-Bouteflika — Algérie

Les Algériens à Bouteflika Non c'est non

INTERNATIONAL Les Algériens à Bouteflika Non c'est non

A Alger, hommes, femmes et enfants ont arpenté dans une ambiance festive, avenues et rues autour du carrefour de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du coeur de la capitale.

Sous la pression de la rue, le président Abdelaziz Bouteflika, âgé de 82 ans et très affaibli par un AVC subi en 2013, a renoncé lundi à briguer un cinquième mandat.

"On voulait des élections sans Boutef, on se retrouve avec Bouteflika sans élections", pouvait-on lire sur une pancarte.

Cortèges monstres également à Oran, Constantine et Annaba, les deuxième, troisième et quatrième villes du pays. Les Algériens, qui reprochent au président d'avoir prolongé sine die son mandat au-delà du terme prévu, sont à nouveau descendus dans la rue vendredi.

Les cortèges se sont déroulés globalement sans incident conformément au mot d'ordre "pacifique" de cette contestation. Onze policiers ont été légèrement blessés au moment des arrestations. Dans le centre d'Alger, de nombreux volontaires ont également ramassé les détritus.

Comme les semaines précédentes, le drapeau national -vert et blanc, frappé du croissant et de l'étoile rouges- a été brandi par les manifestants et déployé aux balcons des immeubles.

"Vous faites semblant de nous comprendre, on fait semblant de vous écouter", répondaient en écho des pancartes de manifestants.

"Toute la semaine, les appels à manifester massivement vendredi avaient été relayés par les réseaux sociaux, avec des mots-dièses explicites: "#Ils_partiront_tous", "#Partez!". Et souvent une touche d'humour: une image conjugue le verbe "marcher": "je marche, tu marches (.) ils partent". Cependant, le premier ministre algerien Noureddine Bedoui déclare que d'ici la semaine prochaine, une conférence de presse sera tenue pour mettre en place un gouvernement de transition qui sera non seulement formé mais aussi représentatif de la société.

Sur Twitter, un internaute a remercié ironiquement MM.

Selon le journal parisien de droite, citant des sources algériennes ayant requis l'anonymat, ce plan était le résultat d'un accord entre les deux diplomates et anciens ministres des Affaires étrangères Ramtane Lamamra et Lakhdar Brahimi. Vendredi "c'est la conférence de presse du peuple", a écrit un autre.

De nombreuses pancartes, comme celle arborant " Macron, occupe-toi de tes gilets jaunes", étaient hostiles à ce qui est interprété comme un soutien de Paris au régime, du fait que le président de la république française a salué mardi la décision du chef de l'Etat algérien. "L'Elysée, stop! On est en 2019, pas en 1830", date de la conquête de l'Algérie par la France, rappelait une pancarte.

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