Un syndicat de gynécos menace d'une grève des IVG, Buzyn "condamne"

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Pour ajouter: "Je n'ai personnellement aucun problème avec l'IVG, c'est notre activité". Évidemment, cela dépend de la femme, de la situation dans laquelle elle se trouve ou encore de comment elle est tombée enceinte, car beaucoup de femmes vivent normalement et sans traumatisme l'interruption de grossesse. Le syndicat réduit cette prise de position à "une fausse polémique sur les réseaux sociaux dont on n'ignore pas l'impact négatif sur l'image des gynécologues obstétriciens et du Syngof", et générée car elle serait "le seul moyen aujourd'hui de se faire entendre". La raison? Le fait que le fonds de garantie assurantiel ne couvre pas les frais des condamnations pour sinistres graves déclarés entre 2002 et 2012. "On se retrouve avec une quinzaine de médecins qui sont sous une menace très précise de ne pas être couverts".

La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, refuse de céder aux revendications du syndicat sans "la sérénité nécessaire et l'esprit de responsabilité de chacun". Si elles s'insurgent, elles contribuent au "coup de com" du syndicat.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn, souligne "le caractère inadmissible de ces menaces (...) qui vont à l'encontre du respect inconditionnel du droit à l'IVG garanti dans notre pays". Et les internautes aussi se sont naturellement révoltés. Pour que leur mécontentement soit entendu, la militante féministe Anaïs Leleu a mis en ligne un formulaire, qui permet d'envoyer à l'Ordre des médecins un mail type exigeant "les sanctions qui s'imposent contre le Dr Marty, mais aussi le président du Syngof (.) et Elisabeth Paganelli, secrétaire générale du syndicat". 10 000 personnes se sont déjà mobilisées.

Le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) a "condamné fermement, au nom de la déontologie, l'expression d'une telle menace mettant en cause les droits des femmes et portant atteinte à l'indépendance des professionnels, qu'aucun conflit avec les autorités ne saurait justifier". Son président le Dr Bertrand Rochambeau avait déclaré en septembre 2018 qu'il refusait de pratiquer des IVG: "Nous ne sommes pas là pour retirer des vies", "Aux choses auxquelles je ne crois pas, je ne les fais plus". En 2016, cette loi a été étendue au numérique, en pénalisant également les sites de désinformation sur l'IVG.

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