La droite européenne (PPE) suspend le Fidesz, parti de Viktor Orban

Viktor Orban

Le parti de Viktor Orban temporairement exclu du groupe PPE au Parlement européen REUTERS Francois Lenoir

L'Assemblée politique du PPE, qui réunit les formations de droite et du centre-droit de l'UE, comme la CDU de la chancelière allemande Angela Merkel ou les Républicains en France, a voté à une écrasante majorité (190 pour, 3 contre) pour cette suspension temporaire.

Concrètement, cela signifie que le Fidesz n'aura -jusqu'à nouvel ordre- plus le droit de participer aux réunions du PPE, sera privé de ses droits de vote et ne pourra pas présenter de candidats à des postes en interne.

Lassée de ses dérapages populistes contre Bruxelles ou l'immigration, l'alliance des partis de la droite au parlement européen (PPE) a décidé ce mercredi de suspendre temporairement le parti du dirigeant hongrois populiste Viktor Orban, le Fidesz, de ses rangs, a annoncé le président du PPE, Joseph Daul, dans un tweet.

Certains craignent qu'exclure l'enfant terrible du PPE, une première dans l'histoire de cette formation, la plus importante du Parlement européen, n'ouvre la voie à une scission entre l'Est et l'Ouest du continent. Selon plusieurs sources, il plaiderait pour une suspension de "plusieurs mois" assortie de conditions pour une éventuelle réintégration. Ils s'inquiètent également de le voir se jeter dans les bras du vice-Premier ministre italien et ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, le chef de la Ligue, parti d'extrême droite. Si le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et 13 partis membres du PPE avaient demandé l'exclusion pure et simple du Fidesz du groupe, d'autres, comme Annegret Kramp-Karrenbauer, dirigeante des chrétiens-démocrates allemands, ont proposé une suspension et la création d'une commission des "sages". "Sa place est hors du PPE", a tranché Jean-Claude Juncker, membre de ce parti mais qui ne participera pas à cette réunion.

Fin février, M. Orban s'était attiré les foudres de plusieurs de ses pairs après une campagne d'affichage contre M. Juncker, qui montrait ce dernier ricanant aux côtés du milliardaire américain juif d'origine hongroise, George Soros, et où il l'accusait de soutenir l'immigration sur le Vieux continent. Décision historique et sans précédent au sein du PPE. Le cdH et le CD&V étaient deux des partis qui réclamaient l'exclusion ou la suspension du Fidesz.

Plus tard, M.Orban a présenté ses excuses, tout en refusant de renoncer à sa position concernant les migrants et la protection de la culture chrétienne.

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