Réforme des retraites : la volte-face d'Agnès Buzyn

DARMANIN JUGE BUZYN

Réforme des retraites : le ministère de la Santé favorable à un allongement de la durée de travail

"Après l'incitation à partir plus tard, c'est maintenant le recul de l'âge à nouveau qu'évoque Agnès Buzyn ". Critères de sélection et passerelles entre cursus seront précisés par décret.

Et la ministre d'ajouter: " Après, nous allons mener une réforme des retraites pour rendre les retraites plus universelles, plus compréhensibles pour les Français et avoir un système qui pérennise notre système par répartition, peut-être que cela, ça sera en discussion avec les partenaires sociaux dans le cadre de la réforme générale ".

Agnès Buzyn a en revanche reçu le soutien du ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, qui a salué une "proposition très courageuse" qui "s'étudie et se regarde".

Ces propos, tenus "à titre personnel", avaient provoqué la "surprise" de Jean-Paul Delevoye - Emmanuel Macron s'étant engagé pendant la campagne à ne pas toucher à l'âge légal - et la colère des organisations syndicales, qui y ont vu une "provocation".

" La proposition " de la ministre des Solidarités et de la Santé " est très courageuse". Le Haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye doit participer d'ici fin avril à quatre débats en régions sur la création d'un système universel de retraite. "Agnès Buzyn est tout à fait dans son rôle lorsqu'elle évoque ce sujet".

"C'est important de pouvoir débattre, à force de ne jamais débattre des sujets, on en arrive à des situations de blocage, des situations d'incompréhension et parfois des situations de violence sociale", a mis en garde M. Griveaux, interrogé avec insistance sur la question de l'âge légal de départ. "Nous sommes en pleine concertation", a expliqué en ce sens Benjamin Griveaux. Au Palais, justement, on rappelle "qu'aucune décision sur aucune réforme n'a été prise".

"Pour qu'il soit parfaitement juste, nous devons également permettre à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de pouvoir continuer à travailler après l'âge minimal de départ à la retraite et d'être avantagés financièrement à le faire", a-t-elle ajouté.

Les retraites sont le prochain gros chantier du quinquennat d'Emmanuel Macron. Selon les dernières projections du Conseil d'orientation des retraites (COR) datées de juin 2018, "le solde financier" du système représenterait un trou d'environ 5 milliards d'euros.

Le Premier ministre Edouard Philippe s'est dit favorable à ne réindexation des pensions de retraite sur l'inflation, au cours d'une interview vendredi sur Europe 1.

Reste donc l'option de l'âge de départ, plébiscitée par le patronat. "Ce qui veut dire qu'en 2028-2030, on serait à 64 ans comme âge légal et qu'en 2032-2035, on serait à 65 ans", a détaillé l'ancien ministre du Travail.

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