Brexit: les enjeux historiques d'un sommet rapidement suivi d'un autre

L'Union européenne prête à un report du Brexit SEULEMENT SI les députés britanniques votent l'accord de Theresa May

Brexit: le 21 mars serait-elle la date du dernier sommet européen pour le Royaume-Uni?

Alors que la date prévue du Brexit approche à grands pas, la Première ministre britannique Theresa May a demandé mercredi aux dirigeants européens un report au 30 juin, afin d'éviter à son pays, incapable de se rassembler autour d'un accord de divorce, une sortie sans filet.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a rappelé mercredi que Theresa May devait venir au sommet de Bruxelles avec des propositions claires et précises sur ce qu'elle entend faire pour parvenir au Brexit. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a estimé de son côté qu'à la lumière de ses consultations avec les Vingt-Sept, un report du Brexit de courte durée "serait conditionné à un vote positif de l'accord de retrait à la chambre des Communes".

La première question que se poseront jeudi les chefs d'État et de gouvernement des 27, qui se réuniront sans le Royaume-Uni au cours du sommet de printemps des 28 à Bruxelles, sera de vérifier le risque systémique d'un blocage de l'UE. "Donald Tusk l'a d'ailleurs formulé explicitement: "une " courte extension " est envisageable, mais elle demeure " conditionnée à un vote positif sur le traité de retrait ".

La France, elle, a déjà averti qu'elle s'opposerait à ce report s'il n'était pas justifié par une stratégie "crédible".

Plus que jamais le temps presse, et plus que jamais se profile le risque redouté d'un départ britannique brutal, sans l'accord et la période de transition que les deux parties ont âprement négociés pendant un an et demi, et que l'Union européenne refuse de modifier.

"Même si l'espoir d'un succès final peut paraître frêle, voire illusoire, et bien qu'une fatigue du Brexit soit de plus en plus visible et justifiée, nous ne pouvons renoncer à rechercher jusqu'au tout dernier moment une solution positive", a déclaré Donald Tusk.

Reste à Theresa May de représenter l'accord de divorce qu'elle a conclu avec Bruxelles aux députés britanniques, et cette fois-ci, à leur faire accepter.

Le traité de retrait de l'UE a été massivement rejeté à deux reprises par les députés britanniques.

"En tant que Première ministre, je ne suis pas disposée à repousser le Brexit au-delà du 30 juin", a-t-elle déclaré, laissant planer l'hypothèse de sa démission.

En obtenant ensuite un report du Brexit au 30 juin, Theresa May compte éviter au Royaume-Uni de participer aux élections européennes fin mai, une perspective qu'elle a considéré "inacceptable", 1.000 jours après le référendum de juin 2016 qui a décidé du Brexit. En revanche, comme la Commission européenne l'avait fait mercredi matin, le président du Conseil a pointé "une série de questions de nature juridique et politique" inhérentes à un report au 30 juin, après les élections européennes.

Donald Tusk n'a pas rejeté la demande de report.

Theresa May a affirmé dans sa lettre envoyée plus tôt dans la journée son intention de ramener l'accord qu'elle a conclu avec l'UE sur la table de la Chambre des Communes après le Conseil européen, sans préciser quand. Le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, partisan d'un report plus long, a fustigé "l'incompétence, les échecs et l'intransigeance de la Première ministre et de son gouvernement".

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