Gilets jaunes : des militaires de l'opération Sentinelle présents en renfort samedi

Image d’illustration- Le 3e RG de Charleville part pour la mission Sentinelle a Paris

Image d’illustration- Le 3e RG de Charleville part pour la mission Sentinelle a Paris.- @ Aurelien Laudy

La mobilisation du dispositif antiterroriste Sentinelle va être renforcée samedi 23 mars pour la prochaine journée de manifestation des "gilets jaunes", a annoncé ce mercredi 20 mars le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Emmanuel Macron " a tenu à rappeler que parmi les missions de Sentinelle, il y a la sécurisation de lieux statiques et de lieux fixes, qui permet d'avoir des forces de l'ordre qui se concentrent sur le rétablissement de l'ordre " a justifié Benjamin Griveaux.

"Le rôle de Sentinelle n'est pas de faire du maintien de l'ordre", a précisé une source gouvernementale expliquant que sur certains sites, des militaires de Sentinelle vont remplacer les forces de sécurité pour leur permettre de faire du maintien de l'ordre.

C'est le cinquième déplacement à l'étranger ou en outremer que le Premier ministre est contraint d'annuler depuis le début du quinquennat, le deuxième depuis le début de la crise des "gilets jaunes" après la COP 24 en Pologne début décembre.

" Des individus ont décidé de casser la démocratie, de s'en prendre à la République et à ses symboles ", a déclaré Benjamin Griveaux".

"Selon Grégory Joron, secrétaire national CRS d'Unité-SGP-FO, 'si les militaires Sentinelle sont sur de la garde de bâtiment, cela va permettre de dégager quelques unités de forces mobiles et cela donnera davantage de mobilité aux compagnies manoeuvrantes pour aller sur les points chauds".

Concernant la question de la riposte des soldats, évoquée avec inquiétude par Philippe Capon, le secrétaire général du syndicat Unsa-Police, "elle ne devrait pas avoir lieu", affirme le colonel.

"C'est un jeu de vases communiquants: les militaires de Sentinelle remplaceront des policiers et des gendarmes qui iront, eux, renforcer le dispositif de maintien de l'ordre", confirme le ministère des Armées, confirmant que les militaires, eux, "ne feront pas de maintien de l'ordre".

La mission Sentinelle est d'ordinaire un dispositif de lutte contre le terrorisme.

Manifestations interdites sur les Champs-Elysées et dans certains quartiers des grandes villes en cas de présence d'"éléments ultras", contraventions alourdies: le Premier ministre Edouard Philippe avait dévoilé dès le 18 mars une batterie de mesures pour répondre aux violences ayant émaillé la dernière manifestation des Gilets jaunes, samedi 16 mars à Paris.

L'opération Sentinelle, qui n'a pas pour mission le maintien de l'ordre, représente une mobilisation sans précédent de l'armée sur le territoire national depuis la guerre d'Algérie. Des chiffres de 2017 faisaient état de 7 000 militaires déployés en permanence - pour moitié en région parisienne - depuis les attentats de janvier 2015 à Paris.

Ces militaires protègent en France des sites religieux (synagogues, mosquées.), des lieux particulièrement exposés au risque terroriste ou très fréquentés (lieux touristiques, gares.).

"Quelles que soient les circonstances, l'armée ne peut et ne doit assurer aucune tâche de police". Ils sont présents de manière quasi permanente sur certains sites comme les aéroports ou les musées.

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