"Je voulais montrer Casanova vulnérable" — Benoît Jacquot

Vincent Lindon a toujours préféré s'entretenir

Dernier amour, Casanova en pleine déprime

Quelques fois, c'est un homme qui rend aussi hommage aux femmes (.), affirme-t-il, en évoquant son personnage à l'écran. Seul était là, face au public, le réalisateur Benoît Jacquot.

Le cinéaste se plaît à l'évidence à nuancer l'image du séducteur, en faisant un jouisseur plus qu'un libertin, insatiable de la bonne chère comme des femmes, se jouant des convenances et des classes sociales, aimable avec ses anciennes maîtresses telles La Cornelys (impeccable Valeria Golino), mais prêt à tout pour satisfaire ses désirs.

D'où vient votre fascination pour Casanova? . Pas pour vanter les multiples aventures du don Juan du XVIIIe siècle (au moins 142, selon ses Mémoires), mais pour le montrer pris dans une situation inédite: follement amoureux pour la première fois d'une jeune prostituée anglaise, la Charpillon, qui refuse de se laisser avoir par cet homme qui les a toutes. Le projet est intéressant, il est question de montrer les faiblesses et les failles de l'homme, et non pas ses aspects triomphants et phallocrates comme on aurait pu le penser. Benoît Jacquot désamorce tout de suite cela après avoir présenté Casanova au lit avec deux femmes. Dès lors il tombera sous le charme de la Charpillon, jouée par Stacy Martin (Nymphomaniac, Amanda), qui n'aura de cesse que de faire souffrir l'illustre séducteur. Elle est la seule avec laquelle il ne fut jamais ami. L'alchimie ne prend pas, le drame et le rythme du film retombent sans cesse, tout comme l'intérêt qu'on pourrait porter aux journées d'un Casanova qui s'éternise à Londres sans qu'on sache vraiment pourquoi, si ce n'est une obsession pour une courtisane qu'il ne regarde pourtant qu'à peine.

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