Le FLN dit soutenir la contestation mais prône le "dialogue"

Algérie : Bouteflika de plus en plus seul

Contestation anti-Bouteflika : Le FLN apporte son soutien au mouvement populaire

La mobilisation à Alger était au moins similaire à celle des deux vendredis précédents, jugée exceptionnelle par les médias et analystes.

A Oran, deuxième ville du pays, mais aussi à Annaba, Batna ou à Tizi-Ouzou et Béjaïa, en Kabylie, la foule a repris à pleins poumons les chants emblématiques d'un mois de contestation, réclamant le départ du président Bouteflika, de son entourage et du "système" au pouvoir. Le 15 mars, 'des millions' d'Algériens avaient envahi les rues du pays, selon des diplomates.

Les Algériens s'apprêtent de nouveau à vivre un autre vendredi de contestation et on s'attend à des millions de manifestants qui vont défiler dans les villes algériennes.

Précédemment, le chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP) le général Ahmed Gaïd Salah, avait salué "les hauts faits aux objectifs nobles et aux intentions pures" du peuple algérien qui proteste contre le maintien au pouvoir du Président sortant Bouteflika. A l'instar de Younes Laroussi, chômeur de 24 ans venu de Tiaret, à 270 km d'Alger qui promet de marcher "chaque vendredi, jusqu'à ce qu'il y ait un changement radical (.) de système".

A l'exception de heurts isolés en marge du cortège à Alger, les manifestations, sans précédent dans ce pays pétrolier depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, ont été pacifiques.

Âgé de 82 ans, il est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

L'actuelle contestation a été déclenchée par la volonté de M. Bouteflika de briguer un 5e mandat lors de la présidentielle initialement prévue le 18 avril.

Ce faisant, il a prolongé sine die son actuel mandat, qui constitutionnellement expire le 28 avril, une solution totalement rejetée par la rue.

En visite à Berlin, le vice-Premier ministre Ramtane Lamamra a redit que le président Bouteflika remettrait le pouvoir à un successeur démocratiquement élu après l'élaboration d'une nouvelle Constitution approuvée par le peuple.

Étudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui, pour former le gouvernement rajeuni de "technocrates" promis aux protestataires, semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel est apparu dans la semaine plus divisé que jamais.

Mercredi, le patron de la formation de M. Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), a assuré que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Plus tôt, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), principal allié du FLN au sein de la majorité présidentielle, avait affirmé lors d'une interview que son parti s'était "trompé" et avait manqué de "perspicacité" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un 5e mandat.

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