BMW, Daimler et VW dans le collimateur de la Commission européenne

BMW, Daimler et Volkswagen soupçonnés de collusion sur les émissions polluantes de leurs voitures

BMW, Volkswagen et Daimler dans le viseur de la Commission européenne

Voilà encore une affaire qui ne va pas aider à donner une image propre de Volkswagen, trois ans et demi après le Dieselgate, mais aussi des constructeurs allemands en générale.

Concrètement, la Commission accuse le "cercle des cinq" d'avoir participé à des réunions pour s'entendre en secret afin d'éviter toute concurrence sur le développement et le déploiement de technologies permettant de limiter les émissions nocives des gaz d'échappement des voitures. Selon Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, les consommateurs européens se sont vus refuser la possibilité d'acheter des véhicules équipés des meilleures technologies possibles.

Porsche et Audi, qui sont des filiales de Volkswagen, figurent au nombre des constructeurs soupçonnés.

La Commission rappelle enfin que si elle réunit les preuves suffisantes de l'existence d'une infraction, elle pourra infliger une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires annuel mondial des entreprises concernées.

"Les entreprises peuvent coopérer de nombreuses manières pour améliorer la qualité de leurs produits". BMW a été le plus prompt à réagir à cette communication de griefs.

L'exécutif européen précise qu'il s'agit des conclusions de l'enquête préliminaire.

Contacté par l'AFP, le groupe Volkswagen confirme avoir reçu le document de la Commission, auquel il ne répondra qu'après l'avoir évalué, "dans le cadre de sa coopération" avec l'exécutif européen.

BMW a fait savoir qu'il avait déjà mis de côté un milliard d'euros à cet effet et que cette provision aurait un impact négatif sur le premier trimestre 2019.

Le groupe entend cependant se défendre "avec tous les moyens" à sa disposition. Elle est aussi distincte des autres enquêtes menées par diverses autorités sur des soupçons de manipulation des tests sur les émissions polluantes des véhicules diesel.

Les technologies visées par l'enquête de la Commission sont "les systèmes de réduction catalytique sélective", qui permettent de réduire les émissions nocives d'oxydes d'azote de certaines voitures diesel, ainsi que "les filtres à particules +Otto+", qui permettent de réduire les émissions de particules nocives.

Si cette enquête préliminaire, lancée officiellement en septembre, trois ans après les révélations du Dieselgate, s'ajoute à une longue liste d'accusations concernant l'industrie automobile, la Commission précise que les griefs ne portent que sur "une violation alléguée du droit de la concurrence" et "pas sur d'éventuelles infractions à la législation environnementale". La durée de l'investigation dépend de divers éléments, dont la complexité de l'affaire, le degré de coopération des entreprises en cause avec la Commission et l'exercice des droits de défense.

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