En Algérie, incertitude autour de l'intérim de l'ex-président Bouteflika

Espace presse

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Le conseil de Nation algérien a annoncé ce samedi 6 avril 2019 que le parlement algérien se réunira mardi à 8 heures pour nommer le président par intérim, Abdelkader Bensalah, actuel président du conseil de Nation.

Après plus d'un mois de contestation massive et inédite à travers ce pays d'Afrique du Nord, Abdelaziz Bouteflika a finalement démissionné le 2 avril sous la pression conjuguée de la rue et de l'armée qui a menacé de ne plus reconnaître son autorité.

Dans une déclaration au média en ligne www.observalgerie.com, la spécialiste en droit constitutionnel Fatiha Benabbou propose "la démission de Bensalah conformément à l'article 5 du règlement intérieur de la chambre haute du Parlement promulgué en 2017", pour ensuite "présenter un autre membre qui fait consensus pour lui succéder afin de mener la transition dans une période ne dépassant pas les 90 jours durant laquelle des élections présidentielles seront organisées ".

Mais vendredi, premier jour de manifestations hebdomadaires depuis l'annonce du départ du désormais ex-chef d'État Bouteflika, les Algériens ont à nouveau défilé en masse pour exiger que soient exclus du processus de transition les hommes clés de l'appareil mis en place par ce dernier.

Président depuis près de dix-sept ans du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, 77 ans, est un pur produit du régime algérien et un fidèle de Abdelaziz Bouteflika. Dans un communiqué, le MSP a fait part de sa décision de boycotter la séance du Parlement siégeant en chambres réunies, partant du principe que "la participation à cette réunion serait une confirmation automatique d'Abdelkader Bensalah comme chef de l'Etat, ce qui est en contradiction avec les revendications du peuple, clairement exprimées par le hirak populaire".

" Il faudrait trouver le plus tôt possible une solution à la question de la présidence du Conseil de la Nation, du moment que l'actuelle figure ne semble pas être tolérée par le mouvement citoyen", estime l'éditorial d'El Moudjahid. La même affiche précise: "Éviter la répétition du scénario égyptien: "Djeich-Echaâb Khawa khawa" ", a constaté le quotidien, qui depuis une semaine, rend hommage à l'armée et à son chef d'état-major et vice-ministre de la Défense, le général Ahmed Gaïd Salah, le nouvel homme fort de l'Algérie. "Ainsi, aucun vide constitutionnel n'est possible, et toutes les institutions continueront à fonctionner normalement ".

"

Création d'" une commission indépendante "?

Constitutionnellement, c'est Abdelkader Bensalah qui devra être le nouveau président de l'Algérie. L'Armée nationale populaire ne tient pas du tout à jouer un quelconque rôle politique " dans la transition, souligne aussi le quotidien d'État.

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