Ghosn : une vidéo pour crier à la conspiration, mais sans noms

Carlos Ghosn et son épouse Carole

Carlos Ghosn et son épouse Carole

"Ce n'est pas une histoire de cupidité, de dictature d'un homme, y décrète-t-il".

Dans ce document, Carlos Ghosn dit également craindre un manque de vision pour l'avenir de l'alliance Renault-Nissan.

"Je suis innocent", voilà le premier message que Carlos Ghosn, l'ancien PDG de Renault-Nissan, tient à délivrer dans une vidéo diffusée en anglais ce mardi 9 avril. Il devait toutefois révéler des noms mais ses propos ont été coupés au montage, sur demande de ses avocats.

A l'occasion de la conférence de presse de mardi matin, son conseil Junichiro Hironaka a par ailleurs annoncé son intention de déposer mercredi un recours devant la Cour suprême pour obtenir la remise en liberté de son client.

Carole Ghosn a insisté sur le fait que la France, qui est "le grand pays des droits de l'homme", ne conteste pas la décision du Japon de placer en prison l'ancien patron de Renault: "J'en appelle au président de la République qu'il fasse sortir mon mari de prison.

Cette opération apparaît comme une 'rejaponisation' (sic) de la situation et je pense qu'il était utile que Carlos Ghosn le dise, le souligne".

"Des dirigeants de Nissan ont joué des jeux malsains", estime l'ex-patron qui a perdu tous ses mandats.

En revanche, ses avocats ont décidé de couper un passage de la vidéo ("30-40 secondes") où M. Ghosn citait nommément ceux qui, selon lui, sont à l'origine de ce "complot", "en raison de risques légaux de livrer les identités réelles de personnes", a expliqué M. Hironaka. Le Franco-Libano-Brésilien, âgé de 65 ans, se trouve depuis au centre de détention de Kosuge, au nord de la capitale japonaise, où il avait déjà passé 108 jours en cellule. Il s'agit du sultanat d'Oman, selon une source proche du dossier.

Carlos Ghosn est déjà sous le coup de trois inculpations: deux pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières, et une pour abus de confiance. Sur les 15 millions versés au total au distributeur, 5 millions ont été détournés, a précisé le bureau des procureurs dans un communiqué.

"Il y a un phénomène qu'il ne faut pas négliger: c'est que depuis qu'on a écarté de toutes responsabilités Carlos Ghosn, quels sont les Français qui sont à la direction de Nissan? Ce sont les avocats qui l'ont, elle sera diffusée bientôt", avait-elle promis.

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