L’incroyable scénario est sur le point de se produire — Brexit

La Première ministre Theresa May à sa sortie de Downing Street le 3 avril 2019.                  REUTERS  Peter Nicholls

La Première ministre Theresa May à sa sortie de Downing Street le 3 avril 2019. REUTERS Peter Nicholls

Alors que la date limite du Brexit avait été fixée au 29 mars, elle a ensuite été décalée au 12 avril.

La demande de Theresa May sera examinée mercredi lors d'un sommet extraordinaire. Vers 17h30, soit juste avant l'ouverture de ce sommet, elle rencontrera d'ailleurs en tête à tête Donald Tusk, le président du Conseil européen. Mais faute d'avoir pu faire adopter l'accord de divorce qu'elle a négocié avec Bruxelles par les députés britanniques, Theresa May veut proposer un nouveau report jusqu'au 30 juin. La première ministre britannique a rencontré ce mardi la chancelière allemande Angela Merkel, pour la convaincre de soutenir sa nouvelle demande de report du Brexit, lors du sommet européen de ce mercredi.

Le constat à Bruxelles est clair: "notre expérience jusqu'à présent, ainsi que les profondes divisions au sein de la Chambre des Communes, nous donnent peu de raisons de croire que le processus de ratification pourra être achevé d'ici à la fin juin", écrit le président du Conseil européen Donald Tusk dans sa lettre d'invitation au sommet.

"Report long" du Brexit: comment et pour quoi faire? . " Le "no deal" ne sera jamais la décision de l'UE, ce sera toujours la responsabilité du Royaume-Uni de nous dire ce qu'il veut", a-t-il insisté. A la tête du camp des partisans d'une plus grande fermeté, inquiets à l'idée que le Royaume-Uni perturbe le fonctionnement de l'UE de l'intérieur, la France, si elle n'est "pas opposée" à un report du Brexit, estime qu'un délai d'un an "paraît trop long", selon l'Elysée.

Le sommet de Bruxelles sera précédé par une "réunion de coordination" à l'initiative de la Belgique qui réunira une demi-douzaine de pays, ceux qui seraient les plus "directement affectés" par une sortie du Royaume-Uni sans accord de divorce.

"La France sera très ferme" et "plus la période [d'extension] sera longue, plus les garanties devront être sérieuses" afin de "ne pas mettre en danger le fonctionnement de l'UE", a encore développé l'Elysée.

Les dirigeant européens avaient déjà refusé en mars d'accorder aux Britanniques un sursis jusqu'au 30 juin, en raison de la tenue des élections européennes du 23 au 26 mai.

Y participera notamment le président français Emmanuel Macron, qui a reçu Theresa May mardi en fin de journée à Paris pour défendre une position plus intransigeante que celle de Theresa Merkel.

Londres espère cependant toujours quitter l'UE avec un accord avant le 22 mai, ce qui lui permettrait d'annuler ces élections. Prônée par le Labour, elle empêcherait Londres de mener une politique commerciale indépendante après le Brexit. Pour éviter ce scénario, la Chambre des Lords, haute chambre du Parlement, a entériné lundi soir une proposition de loi des députés visant à obliger légalement la cheffe du gouvernement à repousser le Brexit si les parlementaires n'arrivaient pas à surmonter leurs divergences et à se mettre d'accord sur ses modalités.

Ces discussions n'ont pour l'instant pas abouti, le chef du Labour, Jeremy Corbyn, reprochant au gouvernement de refuser de "modifier ses lignes rouges".

En conséquence, le gouvernement a présenté mardi une motion aux députés, précisant que la Première ministre cherchait une extension jusqu'au 30 juin.

"Il y aura sans doute une extension mais de quelle durée et à quelles conditions?", a résumé mercredi un diplomate européen. Les députés ont approuvé cette motion.

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