Philippe veut " baisser plus vite les impôts ", oui, mais lesquels — Grand débat

Edouard Philippe lors de la restitution du grand débat au Grand Palais le 8 avril 2019

Edouard Philippe lors de la restitution du grand débat au Grand Palais le 8 avril 2019

Le Premier ministre français Edouard Philippe a présenté lundi le bilan du Grand débat national, lancé le 15 janvier dernier par le président Emmanuel Macron suite à la crise des "gilets jaunes".

Une longue après-midi de débats est prévue à partir de 16H30 dans l'hémicycle avec une déclaration du chef du gouvernement, suivie de 3H30 d'interventions des présidents de groupe et d'un député non-inscrit, et la réponse du Premier ministre, mais sans vote.

Avant une adresse au Parlement mardi et mercredi, et à quelques jours des premiers arbitrages du président Macron, le Premier ministre a affiché la volonté de l'exécutif d'annoncer des décisions fortes après la crise des " gilets jaunes " et cette " restitution " des centaines de milliers de propositions citoyennes issues du grand débat.

Edouard Philippe doit présenter mardi devant l'Assemblée nationale le sens politique qu'il donne aux conclusions du Grand débat. Il a évoqué la défiance à l'encontre des élus et un " profond malaise " dans la société française, fait d' "isolement ", d' "abandon ", d' "indifférence " et de " manque de considération ". En matière d'environnement, les Français "ne veulent plus que des taxes leur dictent ce qu'ils doivent faire", a-t-il noté. "Quand le président de la République dit qu'il faut ouvrir une question et poser le débat, on le fait", a-t-il poursuivi.

" Aucune annonce concrète: "le grand blabla continue", a réagi sur Twitter le député LFI Alexis Corbière".

"Mon gouvernement en assume sa part de responsabilité et en a tiré conséquence en annulant la hausse de la taxe carbone", a-t-il ajouté en estimant que la situation avait "atteint une sorte de tolérance fiscale zéro". ", a critiqué son collègue Eric Coquerel, réclamant de nouveau la suppression de l'ISF". Lors de son intervention au Grand Palais lundi, quatre grands axes de réformes ont été évoqués, à commencer une baisse plus rapide des impôts pour répondre à "une immense exaspération fiscale", et un rééquilibrage entre métropole et petites communes pour répondre "à une exigence de fraternité et de proximité".

Dans sa réponse finale, Edouard Philippe a demandé de respecter l'engagement de Français qui "ne sont pas contentés de 'liker' sur un site ou sur un réseau social" mais qui ont "voulu exprimer quelque chose soit en l'écrivant à la main, soit en l'envoyant par internet, soit en participant à de très longues réunions d'initiative locale". " Il nous a dit qu'on va baisser les impôts, mais qu'on va enlever des services publics". D'autres sujets, comme l'immigration, sont eux restés en retrait.

Promettant aussi l'avènement d'une "culture de la simplicité" dans l'administration, le chef du gouvernement a livré un autre mea culpa sur les 80 km/h, une mesure sur laquelle il s'était personnellement engagé malgré l'opposition d'une bonne partie des élus locaux et de l'opinion: "Je voulais sauver des vies, on m'a accusé de vouloir remplir les caisses".

Ses cinq garants se sont félicités mardi de ce "moment démocratique exceptionnel ", prévenant toutefois que "ne sera réellement crédible qu'à la double condition qu'il soit bien suivi d'effets et que la richesse de ses résultats soit pleinement exploitée ".

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