Jérôme Cahuzac : en Corse, l'ancien ministre tente de retrouver une vie normale

Jérôme Cahuzac en février 2018

Jérôme Cahuzac en février 2018

L'ex-ministre Jérôme Cahuzac, condamné pour fraude fiscale. L'ex-ministre Jérôme Cahuzac échappe à la prison. Un aménagement immédiat est autorisé par la loi pour les peines allant jusqu'à deux ans d'emprisonnement et lorsqu'il n'y a pas eu récidive.

"Sollicité par l'AFP, le procureur général Franck Rastoul avait alors indiqué que " le parquet général (avait) considéré, comme l'avait fait le parquet d'Ajaccio, que le projet avancé par Jérôme Cahuzac au soutien de sa demande de placement sous surveillance électronique ne répondait pas aux efforts sérieux de réadaptation sociale communément exigés pour bénéficier d'une telle mesure ". Ce dernier sera convoqué prochainement pour la pose du bracelet et sera contraint de respecter des heures de sortie. Une aptitude défendue par le principal intéressé: Jérôme Cahuzac avait démarré sa carrière comme chirurgien cardiaque, avant de se lancer avec succès dans les années 1990 dans les implants capillaires et comme consultant de laboratoires pharmaceutiques. Condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis pour fraude fiscale, l'ancien ministre pourra effectuer sa peine en Corse-du-Sud, où il réside, en portant un bracelet électronique.

Lors du jugement en appel, Jérôme Cahuzac avait fait par de sa " peur d'aller en prison ".

Un juge d'Ajaccio a accepté le 13 février dernier d'aménager la peine de M. Cahuzac par l'intermédiaire d'un bracelet électronique, contre l'avis du parquet. "Cette position, au vu des éléments du dossier, aurait été prise à l'identique pour tout autre condamné", a assuré Franck Rastoul.

Dans sa décision du 13 février, le juge de l'application des peines ajaccien avait précisé qu'"au regard des efforts de Jérôme Cahuzac et de sa situation prise dans sa globalité, exécuter la partie ferme en détention n'aurait pas de sens". "Un avis favorable qui a été choisi au regard de plusieurs arguments, d'abord celui des " regrets manifestes du condamné", mais également le fait que " le risque de récidive est écarté ", " l'implication durable dans différents projets, notamment professionnels " ainsi que le fait qu'il ait réglé son amende d'un montant de 300.000 euros. L'ancien ministre avait nié pendant des mois, fin 2012, l'existence d'un compte caché, avant de finalement démissionner en mars 2013 et d'avouer en avril.

Cet aménagement clôt le volet judiciaire de cette retentissante affaire, qui avait secoué le quinquennat de François Hollande et avait conduit à la création en 2013 du parquet national financier ainsi qu'à la mise en place d'une série de réformes pour renforcer la traque des fraudeurs fiscaux.

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