Paris "regrette" l'expulsion du directeur de l'AFP à Alger

Le directeur de l'Agence France-Presse à Alger expulsé par les autorités algériennes

Algérie, Expulsion AFP : entre regrets et inquiétudes

La France "regrette" la décision de l'Algérie d'expulser le directeur de l'AFP à Alger, a déclaré mercredi le ministère des Affaires étrangères, au lendemain du départ d'Aymeric Vincenot après le refus de renouveler son accréditation pour l'année.

Aymeric Vincenot, 45 ans, a dû quitter Alger mardi soir au terme de l'ultime délai qui lui avait été accordé par la police à l'expiration de son titre de séjour, annonce l'AFP dans un communiqué. La demande de renouvellement pour 2019 de ce document, indispensable à tout journaliste étranger pour pouvoir travailler en Algérie, était restée sans réponse de la part des autorités, malgré les efforts déployés par l'AFP à plusieurs reprises jusqu'à ces dernières semaines. La direction de l'agence n'a d'ailleurs reçu aucune notification formelle justifiant la décision.

Elles ont simplement fait état oralement, lors de la visite à Alger en mars d'un responsable de l'Agence, de divers griefs, portant notamment sur la couverture de l'actualité algérienne et de l'état de santé de M. Bouteflika par le chef du bureau de l'AFP, sans toutefois apporter la moindre preuve d'une faute de sa part.

L'expulsion du directeur du bureau de l'AFP à Alger est plus qu'un signe extrêmement négatif, c'est l'indice d'une volonté de dissimulation: pourquoi violer la liberté de la presse dans une telle période politique? Reuters avait de son côté affirmé à l'AFP que son journaliste disposait d'une accréditation pour exercer en tant qu'envoyé spécial.

L'Agence France Presse est présente dans 151 pays et dispose d'un bureau en Algérie depuis 1962.

Reporters sans frontières, qui a placé l'Algérie à la 136e place sur 180 pays dans son dernier classement de la liberté de presse, avait condamné ces interpellations et " l'intervention brutale des forces de l'ordre ".

"Réagissant à cette décision, le PDG e l'AFP, Fabrice Fries a dénoncé mardi une décision " inacceptable ". Aymeric Vincenot est revenu en France manu militari.

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