EPR de Flamanville: travaux et nouveaux retards en vue - Autres

Sud Ouest

EPR de Flamanville : Des travaux nécessaires sur huit soudures problématiques, avertissent des experts

Le groupe permanent d'experts que l'Autorité de Sûreté Nucléaire a réuni les mardi 9 et mercredi 10 avril 2019 a estimé qu'EDF devait réparer les soudures qu'il souhaitait ne pas refaire sur l'EPR de Flamanville (Manche).

Ces experts jugent que la première option pour EDF est de "réparer ces huit soudures pour les mettre en conformité", indique l'ASN dans une note d'information publiée jeudi.

L'ASN a prévenu fin janvier qu'une éventuelle reprise de ces huit soudures se traduirait par un nouveau retard dans le démarrage de l'EPR de Flamanville et, début avril, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a déclaré que la mise en service du réacteur n'interviendrait probablement pas avant le début de l'année 2020. Si les réparations devaient être effectuées, elles pourraient de nouveau influer sur le calendrier. Il a "conclu qu'EDF devrait, plutôt que rechercher à justifier une acceptabilité en l'état, procéder à la remise en conformité des soudures concernées". En clair, ces soudures étaient censées être résistantes à tout risque de rupture. Ce dossier a fait l'objet d'une instruction par la direction des équipements sous pression nucléaires de l'ASN, avec l'appui technique de l'IRSN, dont les conclusions ont été présentées au GP ESPN. Des représentants de la CLI de Flamanville, du HCTISN, de l'ANCCLI et des autorités de sûreté étrangères concernées par la construction d'un réacteur EPR ont assisté à cette séance en tant qu'observateurs.

"Il faut qu'EDF regarde en détail les différentes options industrielles qui se présentent à lui et nous fasse des propositions".

Vapeur. Connu de l'électricien à partir de 2015, ce problème de soudures, qui fait suite aux imperfections métallurgiques découvertes sur la cuve de l'EPR, n'a été communiqué à l'ASN qu'en 2017 et rendu public en 2018. Ces experts estiment que la confiance dans la qualité des soudures des tuyauteries de vapeur principales au niveau des traversées de la double enceinte de confinement n'atteint pas le haut niveau attendu.

Le chantier de l'EPR risque fort désormais de connaître de nouveaux retards. C'est donc le scénario du pire qui se dessine pour Flamanville: le réacteur a déjà vu ses coûts de construction tripler, à plus de 11 milliards d'euros par rapport au devis initial, et chaque année de retard pourrait générer 1 milliard de coûts supplémentaires.

Dernières nouvelles