L'ibuprofène et le kétoprofène présentent des risques de complications infectieuses graves

Kétoprofène, ibuprofène : des risques de complications infectieuses graves, alerte l'ANSM

Tours : 20 ans d'enquête révèlent les dangers de l'ibuprofène et du kétoprofène

L'ANSM alerte sur les risques de complications graves de certaines infections lorsqu'elles sont traitées en automédication avec des Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) utilisés principalement en cas de douleurs et de fièvre, comme l'ibuprofène et le kétoprofène.

"Ces deux médicaments sont des médicaments efficaces, utiles, largement utilisés, mais ça reste des médicaments qu'il faut utiliser à bon escient", a expliqué jeudi 18 avril sur franceinfo le docteur Philippe Vella, directeur des médicaments antalgiques à l'ANSM.

Cette enquête a été réalisée à la demande de l'ANSM par les centres régionaux de pharmacovigilance de Tours et Marseille, suite aux signalements de complications infectieuses graves après la prise de d'AINS pris généralement contre la douleur et la fièvre comme l'ibuprofène et le kétoprofène. Depuis l'an 2000, l'ibuprofène est responsable de 337 cas de complications infectieuses et de 32 décès, quand le kétoprofène est à l'origine de 46 cas de complications infectieuses et de 10 décès. Seuls les cas les plus graves survenus chez des enfants et des adultes (souvent jeunes) sans facteur de risque particulier ont été retenus dans cette enquête.

Selon les experts, la prise d'ibuprofène et de kétoprofène peut entraîner des infections sévères de la peau, des poumons (pneumonies compliquées d'abcès, de pleurésie), des troubles neurologiques (empyèmes, abcès cérébraux, ...), mais aussi des troubles ORL compliquées qui peuvent conduire à des hospitalisations, voire de décès. Elles sont survenues alors que l'ibuprofène ou le kétoprofène étaient prescrits par un médecin ou pris en automédication dans la fièvre pour des maux bénins (réaction locale, piqure d'insecte, toux, angine, otite...).

"Les conclusions de cette enquête suggèrent le rôle aggravant de ces AINS en cas d'infection", en particulier de celles dues au streptocoque, note l'ANSM qui indique avoir partagé ces résultats avec ses homologues européens.

Les infections ont été observées après de "très courtes durées de traitement (2 à 3 jours)", y compris lorsqu'il était associé à une antibiothérapie, précise l'ANSM.

Par ailleurs, l'enquête montre que l'utilisation d'AINS persiste en cas de varicelle alors qu'ils doivent être évités, en raison du risque de complications cutanées bactériennes graves (fasciite nécrosante).

L'ANSM conseille de privilégier le paracétamol en cas de douleur et/ou de fièvre, notamment lors d'infections courantes (angine, rhinopharyngite, otite, toux, infection pulmonaire, lésion cutanée ou varicelle.).

Autre règle, ne pas prendre en même temps deux médicaments de cette famille nombreuse des anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui comprend aussi entre autres le naproxène et diclofénac.

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