Afrique du Sud: l'ANC en tête selon des résultats partiels

Nelson Mandela entouré de Thabo Mbeki et de Frédérik de Klerk

Nelson Mandela entouré de Thabo Mbeki et de Frédérik de Klerk.- EPA

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud, semblait jeudi assuré de remporter les élections législatives, mais avec un score en net recul.

Après les élections législatives de mercredi, la formation de Nelson Mandela, qui possède la majorité absolue dans l'Assemblée nationale sortante, est créditée de 56,98% des suffrages, après dépouillement de la moitié des 23.000 bureaux de vote du pays.

Les estimations, qui reposent sur les résultats publiés par la commission électorale indépendante dans 31,9 pc des circonscriptions électorales, indiquent que l'Alliance démocratique, (DA), principale formation d'opposition, devrait obtenir 22,7 pc des voix au niveau national, au moment où les populistes de l'Economic Freedom Fighters remporteront 10,3 pc.

Vainqueur de tous les scrutins post-apartheid, l'ANC a vu sa popularité plonger sous le règne émaillé de scandales de Jacob Zuma (2009-2018).

Ainsi, son successeur Cyril Ramaphosa s'est donné comme mission d'insuffler une nouvelle dynamique au parti, promettant de lutter contre la corruption, le chômage et les disparités sociales.

"Mais la très mauvaise gouvernance de l'ANC ces dernières années aurait dû permettre à l'opposition de capitaliser et de s'imposer davantage".

Si la victoire de l'ANC se confirme, Cyril Ramaphosa, au pouvoir depuis février 2018, devrait être réélu par les députés et prêter serment le 25 mai.

"Nous leur avons donné vingt-cinq ans (de pouvoir) mais les pauvres sont toujours plus pauvres et les riches encore plus riches", a résumé mercredi Anmareth Preece, une institutrice noire de 28 ans électrice à Coligny (nord-ouest).

C'est sur ce terrain que le chef de l'État est le plus attendu: la croissance n'a pas dépassé 0,8 % en 2018, le taux de chômage moyen de 27 % atteint 53 % chez les jeunes et 20 % des foyers noirs vivent dans une extrême pauvreté.

" Changeons les choses", a lancé mercredi le chef de file de l'Alliance démocratique (DA) Mmusi Maimane, 38 ans.

" Si vous avez besoin de changement, les EFF sont la solution", a renchéri celui des Combattants pour la liberté économique (EFF), le bouillant Julius Malema, 38 ans lui aussi.

Certains électeurs traditionnels les ont déjà rejoints.

Un agent électoral ouvre une urne pour commencer le comptage des bulletins de vote, le 8 mai 2019 à Durban, en Afrique du Sud. Moi, j'ai préféré partir et j'ai pris ma carte de membre des EFF.

Les seules surprises du scrutin pourraient venir des élections régionales, où les positions de l'ANC semblent menacées dans plusieurs provinces dont le Gauteng, celle de Johannesburg.

Les observateurs anticipent de fortes résistances au sein-même de son parti, où les partisans de l'ex-président Zuma disposent toujours d'une forte capacité de nuisance.

Lire aussi Élections générales en Afrique du Sud: qui sont les forces en présence?

Dernières nouvelles