Armes françaises au Yémen : face à la polémique, Macron "assume"

Yémen : la France confirme un

Le Bahri Yanbu fait route vers le port du Havre où il doit arriver vers 17 heures ce mercredi. BEN STANSALL AFP

Le navire n'entrera pas dans le port avant jeudi matin, a indiqué la capitainerie à un correspondant de l'AFP, sans plus de précision.

S'il n'a pas précisé les armes qui devaient être chargées au Havre, le site d'investigation Disclose a avancé que le navire devait prendre livraison de "huit canons de type Caesar". Le Caesar est un camion équipé d'un système d'artillerie. Elle a tenu à souligner que Paris ne disposait pas d'éléments de preuve "selon lesquels des victimes au Yémen [étaient] le résultat de l'utilisation d'armes françaises".

La ligne invariablement avancée par Paris est que ces armements ne sont utilisés que de manière défensive et pas sur la ligne de front.

Une carte de la DRM estime que "436.370 personnes" sont "potentiellement concernées par de possibles frappes d'artillerie", dont celles des canons français. Mais la question n'est pas de savoir si nous avons des preuves mais de chercher par tous les moyens (à savoir) si des armes françaises sont utilisées contre des civils. "On l'avait fait en Syrie quand il y a eu des doutes sur les armes chimiques", a déclaré à l'AFP le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.

Les déclarations de Mme Parly ont suscité un tollé parmi les ONG. Cela "montre de nouveau l'obstination de la France à poursuivre ses transferts d'armes à ce pays malgré le risque indéniable et parfaitement connu des autorités françaises qu'elles soient utilisées contre des civils", a commenté dans un communiqué Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch.

La guerre a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué une grave crise humanitaire, sans qu'aucun des deux camps - Houthis et forces du gouvernement en exil appuyées par la coalition saoudienne - ne prenne à ce jour un avantage décisif.

L'Acat conteste la décision de la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) d'autoriser le cargo Bahri Yanbu "à procéder à un chargement, exportation et transfert au sens de l'article 6 du Traité sur le Commerce des Armes, de matériels de guerre et matériels assimilés, dans le port du Havre, à destination finale de Djeddah en Arabie Saoudite".

Besoin de transparence Mardi 7 mai, sur les bancs de l'Assemblée nationale, le député havrais Jean-Paul Lecoq (PCF) avait interpellé le gouvernement sur la nécessité d'obtenir plus de transparence sur la composition du chargement et sur l'utilisation de ces armes.

"Quelles garanties? Quand on vend des armes à un pays, il en fait ce qu'il veut", a contesté le député communiste Jean-Paul Lecoq, au cours d'un rassemblement qui a réuni une centaine de personnes sur le port du Havre pour dénoncer ces ventes d'armes à l'Arabie saoudite. "La France est impliquée dans ce conflit par ses livraisons d'armes", a-t-il accusé dans une interview à l'AFP, réclamant une commission d'enquête.

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