Nucléaire iranien: Les Européens rejettent "l'ultimatum" de Téhéran - Monde

Le président iranien Hassan Rohani lors du Conseil des ministres à Téhéran le 8 mai 2019

Accord nucléaire : l'Iran lance un ultimatum de 60 jours

"Si à l'issue de cette date butoir lesdits pays ne sont pas capables de répondre aux exigences de l'Iran", Téhéran cessera alors d'observer les restrictions qu'il s'impose "sur le degré d'enrichissement de l'uranium" ainsi que sur les "mesures relatives à la modernisation du réacteur à eau lourde d'Arak".

Exprimant leur "vive préoccupation" après ces annonces iraniennes, les Européens, dans ce communiqué, s'estiment "pleinement attachés à la préservation et à la mise en œuvre intégrale de l'accord sur le nucléaire, une réalisation essentielle dans l'architecture mondiale de non-prolifération nucléaire, qui est dans l'intérêt de la sécurité de tous".

L'Iran est revenu sur une partie des engagements contractés lors de la signature de l'accord de Vienne en 2015.

Par décret, le président américain Donald Trump a décrété ces mesures ciblant "les secteurs iraniens du fer, de l'acier, de l'aluminium et du cuivre".

La décision a été notifiée officiellement en début de matinée, à Téhéran, aux ambassadeurs des pays encore parties à cet accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie). En échange, la République islamique a accepté de brider son programme nucléaire.

Les Européens ont inauguré en janvier un mécanisme de troc pour permettre à l'Iran de continuer à commercer avec l'Europe dans certains domaines en contournant les sanctions américaines. Moscou reste "engagé" dans cet accord, a ajouté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Emmanuel Macron a appelé également à "ne pas tomber dans la fébrilité" et "dans l'escalade". "Si dans soixante jours, les nouvelles négociations voient le jour, en vue de résoudre les problèmes bancaires et ceux qui sont liés à la vente du pétrole de l'Iran, le retour à l'accord sera de nouveau possible".

En France, la ministre des Armées Florence Parly n'a pas exclu que l'Union européenne (UE) prenne des sanctions contre l'Iran. Elle a souligné que l'UE continuerait d'y veiller par le biais des rapports de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"La fenêtre qui est ouverte actuellement pour la diplomatie ne le restera pas longtemps, et la responsabilité de l'échec [de l'accord nucléaire] et ses conséquences probables incomberont entièrement aux Etats-Unis" et aux autres parties à l'accord, a averti Téhéran. Ils veulent que le JCPoA (Plan d'action global conjoint, l'accord de 2015) soit respecté. Si ce n'est pas le cas, l'Iran contreviendra à d'autres clauses de l'accord.

Téhéran a ainsi limité jusqu'ici son stock d'eau lourde à 130 tonnes maximum, et ses réserves d'uranium enrichi (UF6) à 300 kg et a renoncé à enrichir l'uranium à un taux supérieur à 3,67%.

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