Zone euro: l'UE abaisse encore ses prévisions pour 2019 et 2020

Le président de la Commission européenne Jean Claude Juncker lors d'une conférence de presse au siège de la Commission à Bruxelles le 7 mai 2019

Bruxelles est un peu plus pessimiste sur la croissance de la zone euro

Pour l'an prochain - toujours à politique inchangée -, le solde des administrations publiques se creuserait légèrement à -1,5%, là où la moyenne des pays de la zone euro serait de -0,9%, tant en 2019 qu'en 2020.

Au vu au vu des tensions commerciales qui plombent l'économie mondiale et de la faiblesse du secteur manufacturier - particulièrement pénalisante pour l'Allemagne-, Bruxelles table désormais sur une hausse globale du PIB des 19 pays de l'eurozone de 1,2 % en 2019 et 1,5 % en 2020, après 1,9 % en 2018, soit 0,1 point de moins qu'attendu précédemment pour les deux années. Le 7 février dernier, elle avait déjà fortement revu ses attentes à la baisse pour la zone, n'anticipant plus qu'une croissance de 1,3% en 2019 et 1,6% en 2020. D'abord, les tensions commerciales, notamment entre la Chine et les Etats-Unis, et ensuite, les incertitudes engendrées par le Brexit. L'Allemagne verrait son activité augmenter de 0,5% cette année contre 1,5% en 2020, et le PIB italien augmenterait de 0,1% seulement cette année contre 0,7% l'an prochain.

En France, la croissance devrait atteindre 1,3% en 2019, puis 1,5% en 2020. C'est faux: en 2018, une vingtaine de pays de l'UE ont connu une croissance supérieure à celle de la France, et les prévisions 2019 contredisent également l'affirmation du ministre.

Selon les prévisions, "la croissance faible et le relâchement budgétaire pèseront sur les finances publiques" de l'Italie, et le déficit du gouvernement devrait atteindre 2,5 % du PIB.

Elle figurerait à cet égard parmi les plus mauvais élèves de la classe européenne, juste devant la Roumanie (-3,5%), qui déraperait même à -4,7% en 2020, dans le contexte d'une forte controverse sur le montant réel de son déficit public et de mesures coûteuses en faveur des bas salaires et des pensions.

"Les Européens sont maintenant plus nombreux que jamais à avoir un travail et la croissance de l'emploi devrait se poursuivre, bien qu'à un rythme plus lent", a commenté le commissaire aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici.

Ces prévisions pessimistes vont à l'encontre de celles de la coalition populiste au pouvoir à Rome et un nouveau bras de fer s'annonce entre l'Italie et la Commission, qui doit publier à la fin du mois, c'est-à-dire après les élections européennes, ses recommandations pour chaque pays de la zone euro.

Dernières nouvelles