Vers l'arrêt des soins — Vincent Lambert

Portrait de Vincent Lambert réalisé par sa famille à l'hôpital de Reims en septembre 2013Plus

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Le Dr Sanchez, chef de l'unité des patients cérébrolésés du CHU de Reims a informé sa famille déchirée sur le sort de cet homme de 42 ans, "que l'arrêt des traitements et la sédation profonde évoquée lors de la procédure collégiale seront initiées au cours de la semaine du 20 mai ".

"L'arrêt des traitements et la sédation profonde et continue" vont être "initiés": le médecin de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France, a annoncé à la famille l'interruption des soins.

Mais les parents de Vincent Lambert avaient également saisi le Comité international de protection des droits des personnes handicapées de l'ONU qui ne s'est pas encore prononcé.

"Cette décision était prévisible, je ne vois pas très bien comment le Conseil d'État pouvait faire autrement, puisque l'état de Vincent s'était sensiblement dégradé, qu'il n'y avait rien d'autre comme élément nouveau", a commenté auprès de l'AFP le neveu du patient, François Lambert.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a estimé dimanche dernier que la France n'était pas tenue légalement de surseoir à l'arrêt des soins, comme le demandait le Comité, mais qu'elle répondrait à ses interrogations. Si cette décision était exécutée, "Vincent Lambert mourrait en quelques jours (.) et le docteur Sanchez pourrait remettre à Viviane Lambert un fils mort pour la fête des mères le 26 mai prochain", ont-ils affirmé. La haute juridiction avait en 2014 déjà donné son feu vert à l'arrêt des soins de Vincent Lambert, à la suite d'une expertise confiée à un collège d'experts. Nous en appelons dès à présent au Défenseur des droits, chargé de veiller à l'application stricte de la Convention internationale des droits des personnes handicapées. Ses parents et une partie de la fratrie exigent le maintien des soins, considérant que Vincent Lambert est un " grand handicapé ". Sa femme demande, elle, leur arrêt, en vertu de la loi Leonetti qui proscrit l'obstination déraisonnable.

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