Les deux ex-otages français "très marqués" — Bénin/Burkina

Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello seront honorés par la nation mardi

Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello seront honorés par la nation mardi. Marine Nationale

Mais cela n'a pas suffi pour éteindre la polémique sur l'"inconscience" présumée des deux touristes. Leurs ravisseurs les ont ensuite emmenés au Burkina-Faso voisin, d'où ils devaient être remis à un groupe jihadiste au Mali.

Trois des quatre ex-otages libérés vendredi dans une opération conjointe de sauvetage dans le nord du Burkina Faso ont quitté le pays en cette fin de matinée.

L'arrivée des ex-otages à Paris (France) est prévue vers 15h. "La zone où étaient nos compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge, c'est-à-dire une zone où il ne faut pas aller, où on prend des risques majeurs en allant (...) Le message que je peux délivrer comme ministre des Affaires étrangères est que la plus grande précaution doit être prise dans ces régions pour éviter que de tels enlèvements n'aient lieu, et pour éviter des sacrifices de nos soldats". Dans la nuit de jeudi à vendredi 10 mai, l'opération est lancée. Dans les conseils aux voyageurs émis sur le site du Quai d'Orsay, les zones en rouge sont "formellement déconseillées" et les zones orange "déconseillées sauf raison impérative".

Il semble de plus que les touristes français se soient rendus en véhicule tout-terrain dans une zone plus proche de la frontière bukinabè, elle alors classée en zone rouge, a indiqué à l'AFP un responsable d'African Parks Network (APN), l'ONG gestionnaire de la Pendjari, sous couvert de l'anonymat. Le cadavre de leur guide béninois, Fiacre Gbédji, très abîmé, a été retrouvé par la suite dans le parc. La veille, le maire de Toulon, Hubert Falco (LR), avait utilisé quasiment les mêmes termes dans un tweet: "Nos seuls compatriotes qui méritent aujourd'hui l'hommage de la Nation, ce sont nos deux héros, #CedricdePierrepont et #AlainBertoncello, nos deux soldats varois morts au combat, pour sauver la vie de touristes inconscients!". Sur les réseaux sociaux, certains n'ont pas hésité à dénoncer l'imprudence des deux touristes voire leur responsabilité. La région est toujours déconseillée par le Quai D'Orsay. Certes, ils auraient dû, comme tous les Français à l'étranger, éviter de prendre des risques pour leur sécurité, et suivre les mises à jour du ministère, qui donnent des informations recoupées suivant une procédure très rigoureuse.

"Tant que des citoyens français seront menacés et que nous recevrons la décision d'aller les chercher, nous irons les chercher ", a affirmé dans une interview au JDD le vice-amiral Laurent Isnard, chef du commandement des opérations spéciales.

"Il faut maintenir la pression sur ces groupes", a poursuivi le ministre, jugeant l'action de la force française Barkhane "tout à fait essentielle" dans ce contexte.

S'il n'était pas prévu que le chef de l'Etat s'exprime publiquement, il devait néanmoins s'entretenir avec les otages et leurs familles dans un bâtiment de la base. "C'est notre métier, c'est notre mission et nous continuerons à la faire. Il n'y a aucun doute là-dessus (.) nous sommes prêts à recommencer dès demain matin", a-t-il insisté dans une interview au Journal du dimanche. Curieusement, selon Washington et Séoul, nul n'avait signalé leur disparition.

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