Monsanto : Des personnalités fichées selon leur position sur le glyphosate

ENQUETE FRANCE 2. Glyphosate: des centaines de personnalités secrètement fichées et ciblées en fonction de leur soutien à Monsanto

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Des personnalités et médias français ont porté plainte ou annoncé leur intention de le faire, vendredi, au lendemain de la révélation d'un fichage présumé pour Monsanto sur leur position vis-à-vis du glyphosate, les OGM, ou encore leur propension à être influencés. "Nous sommes pour la transparence et le traitement équitable de tous les groupes d'intérêts ", affirme le groupe pharmaceutique allemand.

Dans un autre document, un tableau cible 74 "cibles prioritaires" divisées en quatre groupes: les "alliés", les "potentiels alliés à recruter", les personnalités "à éduquer" et celles "à surveiller". "Le devoir d'informer en toute indépendance est au cœur de nos missions de service public ".

L'enquête préliminaire, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), a été ouverte par le parquet de Paris, à la suite d'une plainte déposée par Le Monde.

Le journal Le Monde et Stéphane Foucart, un de ses journalistes cité dans les documents, ont porté plainte contre X le 26 avril auprès du parquet de Paris, notamment pour "mise en oeuvre de traitements de données à caractère personnel illicite", a indiqué la direction du journal jeudi sur son site.

Le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, dont trois journalistes auraient ainsi été fichés, a confirmé vendredi à l'AFP que le journal allait saisir la CNIL, l'agence publique de protection des données Le média se réserve la possibilité, avec les journalistes en question, d'engager une procédure judiciaire.

Le code pénal interdit la constitution de tout fichier à caractère personnel " faisant apparaître les opinions politiques et philosophiques d'une personne sans son consentement " : La légalité de ce fichier est donc clairement problématique...

Pour sa part, l'ex-ministre française de l'Environnement Ségolène Royal, qui figure sur ces listes, s'est aussi indignée: "ça en dit long sur les méthodes des lobbyistes, (.) ils font de l'espionnage, de l'infiltration, de l'influence, parfois financière j'imagine".

Le directeur général de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) Roger Genet, qui figurerait également dans ces fichiers, estime qu'il s'agit d'une "pratique scandaleuse", a-t-on appris auprès de l'Anses.

C'est "une affaire très grave en vérité, qui montre que les géants de l'agrochimie ne reculent devant rien pour essayer d'imposer leurs produits", a aussi dénoncé sur France Bleu Périgord un responsable local, Germinal Peiro, également fiché pour le compte de Monsanto.

Désherbant le plus utilisé au monde, le glyphosate est classé "cancérigène probable" depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

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