La tension monte toujours plus dans le Golfe

Riyad déplore des actes de sabotage contre deux pétroliers saoudiens au large des Émirats

Riyad déplore des actes de sabotage contre deux pétroliers saoudiens au large des Émirats

"Ces incidents en mer d'Oman sont alarmants et regrettables", a dit Abbas Moussavi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, en mettant toutefois en garde contre " l'aventurisme d'acteurs étrangers " pouvant perturber la navigation maritime dans la région.

Le ministre saoudien de l'Energie Khalid al-Falih a annoncé lundi que des "actes de sabotage" ont été perpétrés contre deux pétroliers saoudiens au large des Emirats arabes unis, a rapporté l'agence de presse officielle saoudienne SPA.

Plusieurs navires ont été la cible de mystérieux "actes de sabotage" au large des Emirats, selon Ryad et Abou Dhabi, suscitant une montée des tensions dans le Golfe au moment où le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo est à Bruxelles pour discuter de l'Iran.

Quatre navires au large des Émirats arabes unis auraient été victimes " d'actes de sabotage ".

Le ministre saoudien de l'Énergie a dit que les actions contre les pétroliers saoudiens n'avaient causé ni victime ni marée noire, mais qu'ils avaient provoqué "des dégâts significatifs aux structures des deux navires ".

Ultérieurement, le ministère saoudien des Affaires étrangères a "condamné" un "acte criminel" qui constitue une "sérieuse menace" à la navigation maritime et a "une incidence néfaste sur la paix et la sécurité".

Comme Abou Dhabi, Ryad n'a désigné aucun responsable. L'Iran a, à plusieurs reprises, menacé de fermer ce détroit stratégique, crucial pour la navigation mondiale et les fournitures pétrolières en cas de confrontation militaire avec les Etats-Unis.

Le petit émirat a un terminal pétrolier et un oléoduc qui fournit du pétrole d'Abou Dhabi où se trouve la majorité des réserves pétrolières des Emirats arabes unis.

Il a aussi assuré que le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, à Bruxelles pour une visite impromptue pour parler des "menaces" iraniennes avec ses homologues européens, avait discuté avec eux "de ce qui s'apparente à des attaques contre des navires commerciaux".

Vendredi, le Pentagone a annoncé l'envoi dans la région d'un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et d'une batterie de missiles Patriot, s'ajoutant au déploiement d'un porte-avions et de bombardiers B-52.

M. Pompeo avait déjà annulé ces derniers jours des déplacements à Berlin et au Groenland pour se consacrer à ce dossier iranien.

Par ailleurs, le site syrien et pro-iranien Al-Mayadeen a affirmé que de "puissantes explosions ont eu lieu dans le port de Fujaïrah, pendant environ trois heures, et [qu'] entre sept et dix navires mouillant dans le port ont pris feu".

Les Emirats n'ont pas mentionné qui était responsable des attaques perpétrées dimanche matin mais ont déclaré que "mener des actes de sabotage contre des navires commerciaux et civils, de même que menacer la sécurité et la vie de ceux présents à bord représente une évolution grave".

"Est-ce l'étincelle qui va déclencher la guerre dans le Golfe?" se demande la chaîne qatarie Al-Jazira Le quotidien panarabe Rai Al-Youm, quant à lui, souligne "les tensions sans précédent" dans la région entre l'Amérique et l'Iran, depuis la dénonciation de l'accord nucléaire par Washington.

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