Procès Roundup : Bayer condamné à verser 2 milliards de dollars

Le désherbant Roundup de Monsanto

Le désherbant Roundup de Monsanto

SAN FRANCISCO | Un jury américain a infligé lundi un troisième camouflet de taille à Monsanto, détenu par l'allemand Bayer, en le condamnant à verser deux milliards de dollars à un couple atteint d'un cancer qu'il attribue au Roundup, selon les avocats des plaignants. Le géant agrochimique Bayer a annoncé son intention de faire appel.

"Nous aurions aimé que Monsanto nous prévienne, qu'il y ait quelque chose sur l'étiquette [qui dise] que cela pouvait causer le cancer, nous ne l'aurions pas utilisé", a ainsi déclaré d'une faible voix Alberta Pilliod, lors d'une conférence de presse à San Francisco, à l'issue du procès. Pour sa part, le fabricant du désherbant affirme toujours que le Roundup est sans danger. Le couple a commencé à utiliser le Roundup en 1982. Il a en outre rappelé que l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) avait réaffirmé fin avril que le glyphosate n'était "probablement pas cancérigène pour les humains".

A ces deux milliards de dollars (autant en francs suisses), un milliard par personne, s'ajoutent 55 millions de dollars accordés à chacun des plaignants, atteints d'un lymphome non hodgkinien, à titre compensatoire (pertes économiques, préjudice moral). "Le jury a estimé que l'exposition au Roundup a causé le (cancer) des Pilliod et que Monsanto avait failli (à l'obligation de) prévenir de ce grave danger pour la santé". Aux États-Unis, deux jurys populaires l'avaient déjà condamné à verser des dizaines de millions de dollars dans deux affaires différentes.

Ce procès s'était ouvert à la fin du mois de mars, juste après la condamnation (pour les mêmes raisons) du fabricant de RoundUp à verser 80 millions de dollars à un septuagénaire atteint d'un lymphome non-hodgkinien qu'il attribuait également au désherbant.

En août 2018, la fabricant avait aussi été condamné à verser 289 millions de dollars à un jardinier atteint lui aussi de ce même type de cancer, une somme réduite ensuite à 78 millions par les juges. Les procès perdus par la firme aux Etats-Unis ont fait dégringoler le titre en Bourse, lui faisant perdre des milliards de dollars de valeur boursière. En 2015, Le Centre international de recherche sur le cancer avait considéré que le glyphosate était "probablement cancérigène".

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