L'Alabama vote la loi anti-avortement la plus dure des États-Unis

Avortement: l'Alabama vote la loi la plus répressive des États-Unis

Le texte adopté mardi punit les médecins pratiquant l'IVG de 10 à 99 ans de prison. L'Association de défense des droits civiques va saisir

Le texte revient pour ses détracteurs à interdire de facto les avortements, puisque le cœur peut être entendu dès la sixième semaine de grossesse, quand de nombreuses femmes n'ont pas encore conscience d'être enceintes.

Joe Biden, l'ancien vice-président de Barack Obama, a lui affirmé que le choix d'avorter "devait rester entre une femme et son médecin".

"Aucune de nous ne devrait accepter un avenir dans lequel nos filles et nos petites-filles auront moins de droits que nous n'en avons eus", a pour sa part réagi l'ex-candidate à la présidentielle de 2016, Hillary Clinton. De son côté, l'American Civil Liberties Union, mouvement de défense des droits civiques, a promis de saisir les tribunaux à propos du texte de l'Alabama: "L'avortement n'est pas un crime, mais un droit constitutionnel".

Faire monter le dossier à la Cour suprême à Washington est l'objectif avoué des opposants à l'avortement, qui veulent convaincre les sages de Washington de revenir sur "Roe v. Wade".

Alors que depuis longtemps, trop longtemps, les femmes du monde entier se battent pour avoir le plein pouvoir sur leur corps, l'état de l'Alabama décide de se désolidariser de ce combat. Les élus du Sénat en Alabama, ont adopté hier une interdiction quasi totale de l'IVG. Pire encore, il fera office d'adversaire à toutes ces femmes. Il est particulièrement répressif mais 28 États américains ont introduit plus de 300 nouvelles règles depuis le début de l'année, afin de limiter l'accès à l'avortement, selon un décompte de l'Institut Guttmacher, qui défend le droit des femmes à l'IVG.

L'Ohio, le Missouri et le Tennessee sont aussi en passe de voter des lois restrictives sur l'IVG.

Mais même dominée par les conservateurs, la Cour a récemment rejeté des recours de deux États républicains - la Louisiane et le Kansas - liés à l'IVG, un sujet très clivant dans la société américaine. Les défenseurs de l'avortement entendent contester cette décision en justice, mais le texte pourrait être effectif d'ici six mois. Ils espèrent aller jusqu'à la Cour Suprême pour reconsidérer ce droit.

Dernières nouvelles