L'anesthésiste de Besançon est-il un tueur en série — Soupçons d'empoisonnements

Le docteur Péchier avait été mis en examen en mai 2017 pour les sept premiers cas suspects de patients

Le docteur Péchier avait été mis en examen en mai 2017 pour les sept premiers cas suspects de patients

Objectif: faire la lumière sur son éventuelle implication dans une cinquantaine d'autres incidents médicaux suspects, survenus dans des cliniques où il a exercé.

Déjà mis en examen pour sept empoisonnements, Frédéric Péchier a été placé en garde à vue mardi matin pour avoir volontairement pratiqué des surdoses d'anesthésiants à plusieurs de ses patients.

Depuis son placement en garde à vue, mardi à 9 heures, le médecin-anesthésiste de Besançon répond au feu roulant des questions des enquêteurs de l'antenne de police judiciaire de la ville.

En mars 2017, mis en examen pour les sept premiers empoisonnements, ce praticien réputé avait été laissé en liberté en dépit des lourdes charges qui pesaient sur lui.

"Le parquet a prolongé pour un second délai de 24 heures la garde à vue de M. Péchier", interrogé depuis mardi 14 mai au matin dans les locaux de la police judiciaire de Besançon, a déclaré le procureur de la République, Etienne Manteaux. Lui clame son innocence, mais la question hante de nombreux patients ou leurs familles qui espèrent une réponse après la garde à vue du médecin, prolongée de 24 heures mercredi.

Selon la Haute autorité de santé, les EIG sont des événements "inattendu au regard de l'état de santé et de la pathologie du patient dont les conséquences sont le décès, la mise en jeu du pronostic vital ou encore la survenue probable d'un déficit fonctionnel". Les professionnels de santé ont l'obligation de les signaler aux autorités. Certains de ces EIG pourraient dissimuler des "faits d'empoisonnement potentiels", a-t-on précisé de même source.

"Il est toujours sur la même ligne de défense qui consiste à dire qu'il n'a jamais été impliqué de près ou de loin dans un empoisonnement", a poursuivi Me Schwerdorffer, se disant "désagrablement surpris que cette garde à vue ait été rendue publique".

L'information judiciaire ouverte en mai 2017, quant à elle, porte sur sept empoisonnements de patients. Deux d'entre eux sont décédés et les cinq autres ont pu être ranimés. L'avocat ajoute que l'on est "très en-dessous d'une cinquantaine de cas" suspects.

Le docteur Péchier n'était pas en charge des patients lors des incidents médicauxL'enquête qui a débuté il y a deux ans, a démontré que le docteur Péchier n'était pas en charge des patients. L'enquête conduite dans le cadre de la première procédure avait établi que les patients avaient reçu des doses létales de potassium et d'anesthésiques administrées volontairement. Les soupçons des enquêteurs se sont portés sur cet anesthésiste qui exerçait dans les deux établissements où les incidents se sont produits. L'anesthésiste aurait pour cela modifié les poches d'injection de ses confrères responsables des patients, dans le but de provoquer ces fameux EIG.

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