La classe politique divisée, Macron refuse d'intervenir — Affaire Lambert

Reims un rassemblement autour de Viviane Lambert

A Reims le 19 mai les parents de Vincent Lambert à la veille du début de l'arrêt des soins REMI WAFFLART

C'était sans compter sur une décision de la cour d'appel de Paris, saisie par les parents du malade, qui a ordonné lundi soir le rétablissement des traitements visant à le maintenir en état végétatif, jusqu'à ce qu'une décision du Comité des droits des personnes handicapées, un organisme dépendant de l'ONU se prononce sur le fond de son dossier.

Cette décision coup de théâtre s'appuie sur un texte international ratifié par la France. Pour combien de temps?

"Nous devons aujourd'hui une chose à Vincent Lambert et à sa famille: le respect de leur intimité et de leur douleur". C'est une très grande victoire!

Alors que la France martelait que la suspension de l'arrêt des traitements préconisée par le CDPH "est dépourvue de caractère contraignant", la cour d'appel a jugé qu'"indépendamment du caractère obligatoire ou contraignant de la mesure de suspension demandée par le Comité, l'Etat français s'est engagé à respecter ce pacte international". Une allusion aux positions inconciliables qui déchirent la famille depuis six ans: d'un côté, les parents, ultra-catholiques, un frère et une sœur s'opposent à l'arrêt des traitements; de l'autre, son épouse, Rachel, son neveu, François, et cinq frères et sœurs veulent mettent fin à cet " acharnement thérapeutique ". "C'est précisément parce que ce n'est pas le cas, parce qu'il n'y a pas, dans notre pays, de place pour l'arbitraire, que je n'ai pas à m'immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert". On a gagné! Vincent doit vivre, Vincent vivra! Le matin-même, le CHU de Reims avait annoncé, conformément à la décision des médecins datant du 11 mai dernier, l'arrêt des soins de Vincent Lambert, en état végétatif depuis dix ans. Dans une tribune distincte parue dans le même journal, d'autres médecins, dont deux proches des parents de Vincent Lambert, réaffirment à l'inverse que selon eux le patient "n'est pas en fin de vie" et que l'arrêt des traitements ne se justifie pas.

"Il n'y a aucune vie indigne d'être vécue", a déclaré la tête de liste LR aux européennes François-Xavier Bellamy, en considérant également qu'Emmanuel Macron devait "donner son sentiment" sur le sujet. Sur sa page Facebook, le président de la République, Emmanuel Macron, avait répondu qu'il ne lui "appartient pas de suspendre " l'arrêt des traitements, décidé, "en conformité avec nos lois ". "Il n'y a plus d'humain là-dedans", a-t-il ajouté en évoquant un pourvoi devant la Cour de cassation après l'arrêt de la cour d'appel.

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