Grande-Bretagne : British Steel, repreneur d’Ascoval, a fait faillite

L'aciérie Ascoval à Saint-Saulve dans le nord de la France.                  RFI  David Bach

L'aciérie Ascoval à Saint-Saulve dans le nord de la France. RFI David Bach

"Le personnel a été payé et continuera à être employé", a dit l'administrateur judiciaire. "Cette procédure n'inclut pas l'aciérie de British Steel Saint-Saulve qui est détenue par une autre société du groupe", indique le ministère dans un communiqué. 270 personnes travaillent à l'aciérie d'Ascoval.

LONDRES, 21 mai (Reuters) - British Steel, le repreneur de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), est sous la menace d'une faillite s'il n'obtient pas du gouvernement britannique un prêt d'urgence de 30 millions de livres (33,6 millions d'euros) ce mardi, a-t-on appris de deux sources proches de la situation.

Même le ministre de l'Économie Bruno Le Maire assurait mercredi dernier: "British Steel tiendra ses engagements, l'Etat français tiendra ses engagements vis à vis d'Ascoval, et la reprise d'Ascoval par British Steel se fera".

Mais, a assuré Mme May, "il aurait été illégal d'accorder un prêt ou une garantie dans les termes que demandait l'entreprise" cette fois. "L'entreprise en liquidation pourra poursuivre son activité et fournir ses clients pendant que je réfléchis aux options la concernant".

"La sidérurgique britannique est essentielle à notre base de production et revêt une importance stratégique pour l'industrie britannique". Bercy dit avoir foi dans la capacité d'Olympus Steel " à mener à bien la reprise d'Ascoval et à apporter les fonds nécessaires dans le calendrier prévu ".

"Le ministère a précisé lors d'un point de presse qu'" il y a des assurances sur les six prochains mois " et qu'" il n'y a pas de risque spécifique sur le plan de financement tel qu'il a été conçu ".

Les actifs de British Steel au Royaume-Uni vont être vendus pour payer les salariés et les fournisseurs. En cas de problème, " on trouvera des solutions pour que les investissements se fassent", selon le ministère, qui promet un " soutien absolu de l'État pour réaliser le plan industriel ".

L'État français a décidé la semaine dernière le déblocage de 15 millions d'euros de prêt pour le site, et la partie britannique 5 millions.

British Steel est détenu par la société de capital investissement Greybull Capital, qui a racheté l'entreprise déficitaire à Tata Steel en 2016 pour une livre symbolique.

Les entreprises sidérurgiques britanniques s'acquittent des taxes "vertes" parmi les plus élevées d'Europe et sont également confrontées à d'importants coûts en main-d'oeuvre, en énergie et en logistique, tout en faisant face à des incertitudes sur le Brexit.

Greybull a misé sur la sidérurgie européenne malgré l'afflux dans cette zone géographique de masses d'acier à prix cassé importé de Chine et alors que les repreneurs de sites en difficulté ne se bousculent pas.

L'abandon de ce projet laisse le secteur sidérurgique européen fragmenté et exposé à des retournements économiques.

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