L’abus d’aliments ultra-transformés augmenterait les risques cardiovasculaires — Alimentation

Ils sont consommés quotidiennement par une grande partie de la population. Cependant, il ne sont pas sans risques pour la santé. L'abus de plats industriels ultra-transformés augmente le risque cardiovasculaire et de décès, suggèrent deux études européennes menées auprès de plus de 120 000 personnes et publiées jeudi.

Risque accru d'obésité, d'hypertension artérielle, voire de cancers.

Les aliments ultra-transformés comprennent les produits de boulangerie et les snacks emballés, les boissons gazeuses, les céréales sucrées, les plats cuisinés contenant des additifs alimentaires, les soupes de légumes déshydratées et les produits de viande et de poisson reconstitués, contenant souvent de fortes concentrations de sucre, de graisse et/ou de sel, mais manquant de vitamines et de fibres.

Les aliments sont considérés comme ultra-transformés lorsqu'ils ont subi des procédés industriels de transformation avec, par exemple, de l'huile hydrogénée, de l'amidon modifié...

Leurs conclusions sont basées sur 105'159 Français adultes (21% d'hommes; 79% de femmes), âgés de 43 ans en moyenne, qui ont rempli six questionnaires diététiques sur 24 heures pour mesurer la consommation habituelle de 3300 aliments différents, dans le cadre d'une étude de NutriNet-Santé. Il reste toutefois déconseillé de consommer trop de produits transformés. Crédits: Anaïs Rico-Campà et al.

"Par exemple, à statut tabagique, niveau d'activité physique et poids équivalents, les personnes qui avaient une proportion d'aliments ultra-transformés dans leur alimentation plus élevée avaient plus de risque de développer une maladie cardiovasculaire", pointe la chercheuse.

Les aliments ont été regroupés en fonction du degré de transformation et les taux de maladie ont été mesurés sur un suivi maximal de 10 ans (2009-2018).

En revanche, les chercheurs ont constaté une association significative entre les aliments non transformés ou peu transformés et la réduction des risques de toutes les maladies déclarées.

L'étude de Maira Bes-Rastrollo (Université de Navarre, Pampelune, Espagne) et ses collègues évalue les associations possibles entre l'ingestion d'aliments ultra-traités et le risque de décès quelle qu'en soit la cause.

Graphique montrant l'évolution du taux de mortalité en fonction de la quantité de produits transformés introduite dans le régime alimentaire des volontaires. Le risque accru de mortalité s'élève à 62 % par rapport à une consommation moindre de ces aliments, à savoir deux portions par jour.

Impossible d'établir un lien de cause à effet par cette étude observationnelle. Chaque portion journalière supplémentaire d'aliments ultra-transformés, augmentait le risque de mortalité de 18 %. Néanmoins, les deux études ont pris en compte des facteurs de risque liés au mode de vie bien connus et des indicateurs de qualité alimentaire. Ils ont regardé ce qu'on appelle les aliments ultra-transformés: sodas, barres chocolatées, lasagnes. Les recommandations nutritionnelles publiées cette année par Santé publique France conseillent de limiter leur consommation et de privilégier celle d'aliments bruts ou peu transformés. Franceinfo dresse la liste des effets délétères sur la santé des aliments ultra-transformés qui ont déjà été relevés par des chercheurs.

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