"Canada : "le " génocide " des femmes autochtones

Deux femmes autochtones se réconfortent lors d'une séance de témoignages de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

Canada : une enquête dénonce un "génocide" des femmes autochtones

Volumineux, le rapport de 1 200 pages a été remis aux autorités canadiennes après deux ans de travaux. Des autochtones comme des non-autochtones étaient à l'origine de ces meurtres et disparitions. Certains étaient les partenaires des victimes, d'autres des membres de leur famille ou de leur entourage ou encore des étrangers, y compris des tueurs en série. "Même si le génocide canadien vise tous les peuples autochtones, il cible particulièrement les femmes, les filles" et les minorités sexuelles, précise le rapport, qui ajoute que face à ces violences, "la société canadienne affiche une indifférence lamentable".

Employé à 122 reprises dans le rapport, le terme de " génocide " a prêté le flanc à la critique. En cause notamment, les " idéologies colonialistes " du gouvernement fédéral, avec par exemple le système des pensionnats autochtones, institutions mises en place au début du XIXe siècle jusque dans les années 1990, qui visaient à assimiler des dizaines de milliers d'enfants autochtones en les séparant de leurs familles. "Nous pensons souvent aux génocides comme l'Holocauste et les massacres (de masse) en Afrique et ailleurs, et bien sûr, c'est un génocide et c'est une tragédie", souligne-t-elle. "Alors que le premier ministre a fini par le pronnoncer timidement et tardivement, le chef du gouvernement québécois François Legault a estimé que les faits - certes " très graves " - ne reflétaient pas suffisamment ses définitions internationales ou juridiques. " C'était une conclusion inéluctable ", a répondu Marion Buller, " le type de génocide que nous subissons au Canada, c'est la mort par un million de petites blessures, au fil des générations ".

Le Premier ministre, Justin Trudeau, a fait de la réconciliation avec les populations autochtones l'une des priorités de son mandat.

"C'est une histoire qui est inimaginable pour la plupart des Canadiens".

"Les femmes et les filles autochtones sont douze fois plus susceptibles d'être victimes de violence que les femmes non-autochtones", souligne l'une des quatre commissaires de l'enquête, Michèle Audette.

Le rapport de l'"Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées" recommande au gouvernement la création d'un poste de défenseur national des droits des citoyens indigènes, d'un tribunal spécialisé et d'un organisme de surveillance de la police. Le rapport appelle à des réformes majeures, faisant 231 recommandations pour améliorer la sécurité, la justice, la santé et la culture pour les 1,6 million d'autochtones, Inuits et Métis, qui forment un peu plus de 4% de la population canadienne.

Dernières nouvelles