Grève Vs Arrêt maladie — Lariboisière

L'équipe de nuit des urgences de l’hôpital Lariboisière s’est mise en arrêt maladie dans la nuit de lundi à mardi

L'équipe de nuit des urgences de l’hôpital Lariboisière s’est mise en arrêt maladie dans la nuit de lundi à mardi

Je vais leur faire des propositions. "Si la ministre persiste dans son refus de recevoir les représentants des salariés, le collectif Inter-Urgences, avec les syndicats, oui" le conflit social va s'étendre, prédit l'urgentiste.

Paris, le mercredi 5 juin 2019 - Débutée mi-mars à l'hôpital Saint Antoine de Paris, la grève des urgences concernerait désormais 80 services selon le collectif inter-urgences et, loin de faiblir, le mouvement semble entrer dans une phase de durcissement.

La pression monte un peu plus chaque jour sur Agnès Buzyn. "Ce mercredi, l'Ordre des médecins a réclamé " une concertation d'urgence " pour prendre enfin les " décisions ministérielles qui ne sauraient être plus longtemps différées ".

Une prise de position qui fait suite à des réquisitions préfectorales qui ont suscité de l'émotion, notamment à Lons-le-Saunier (Jura), où les gendarmes sont venus solliciter des soignants en pleine nuit la semaine dernière.

" Une mesure rendue nécessaire par l'absentéisme soudain de médecins inscrits au planning et assignés par la direction de l'hôpital, mais s'étant déclarés en maladie ", selon l'Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté.

"Ce jeudi matin, Agnès Buzyn a pris ses distances avec un tel recours à la gendarmerie". Évidemment, ce n'est pas souhaitable (...).

A Paris aussi, une quinzaine d'infirmiers et d'aides-soignants de l'équipe de nuit des urgences de Lariboisière se sont fait porter pâle et ne se sont pas présentés dans la nuit de lundi à mardi.

"C'était le moment d'envoyer un signal fort", a expliqué à l'AFP Hugo Huon, infirmier à Lariboisière et membre du collectif Inter-Urgences. "C'est dévoyer ce qu'est un arrêt maladie".

Dans ce contexte, le locataire de l'Avenue de Ségur est attendu avec impatience au congrès des urgences organisé à partir d'aujourd'hui jusqu'à vendredi par Samu-Urgences de France et la Société française de médecine d'urgence (SFMU) mais, pour l'heure, Agnès Buzyn ne semble pas vouloir répondre à l'invitation. Ajoutant: "Ce n'est pas bien, ça entraîne une surcharge de travail pour les autres".

"On a doublé notre activité, mais on n'a pas doublé nos moyens", observe Tarak Mokni, responsable du Samu de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).

En attendant la convergence, les urgentistes en colère ne bougent pas sur leurs revendications: des augmentations de salaire, des effectifs en hausse et un arrêt immédiat des fermetures de services d'urgences et de lignes de SMUR. "Il n'y a plus de soupape de sécurité." confie Philippe Fradin, chef des urgences de La Roche-sur-Yon (Vendée). Mais Mme Buzyn, qui défend toute la semaine son projet de loi au Sénat, n'a pas inscrit l'événement à son agenda. Voilà ce que s'entendent répondre les personnels hospitaliers depuis une trentaine d'années quand ils tirent la sonnette d'alarme. "La situation aux urgences est devenue intenable", réagit Patrick Pelloux, le président de l'Association des médecins urgentistes de France, sur Twitter.

En proie aux critiques, l'exécutif peine à désamorcer la crise.

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