60 morts dans la répression policière — Soudan

Que se passe-t-il au Soudan où l’armée réprime dans le sang des manifestations 

La contestation soudanaise est réprimée dans le sang par le Conseil militaire à la tête du pays. EBRAHIM HAMID AFP

Le Soudan est secoué depuis décembre par un soulèvement populaire inédit déclenché par le triplement du prix du pain et qui a conduit au renversement par l'armée de l'ex-président Omar el-Béchir le 11 avril.

Il s'agit du dernier bilan provisoire fourni par ce comité proche de la contestation, qui a annoncé, mercredi que 40 corps ont été repêchés dans le Nil.

L'internet mobile n'est plus accessible depuis lundi, alors que les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans le mouvement de contestation. "En ordonnant ces attaques, le Conseil militaire de transition a mis en péril le processus de transition et de paix au Soudan", ont indiqué Washington, Londres et Oslo qui ont appelé à "un transfert du pouvoir négocié vers un gouvernement civil comme il est exigé par le peuple soudanais".

Le comité des médecins soudanais accuse les "milices du conseil (militaire) (.) d'être responsables de ce massacre".

Les négociations entre les généraux et la contestation avaient étaient suspendues le 20 mai, chaque camp refusant de céder à l'autre la direction de la transition politique post-Béchir. Après le départ d'Omar Al-Bachir, les manifestants réclament le transfert du pouvoir aux civils. Il a évoqué une "opération de nettoyage" près du sit-in par les forces de sécurité qui a mal tourné.

Arrivé dans la matinée, le Premier ministre éthiopien a rencontré le chef du Conseil militaire au pouvoir, le général Abdel Fattah al-Burhane, et plusieurs chefs de la contestation. Il a affirmé être "ouvert" "aux négociations sans restriction", mettant en avant "l'intérêt national" et appelant à ouvrir "une nouvelle page".

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni à huis clos, hier mardi, sur le Soudan, après ces violences et l'appel, par les militaires au pouvoir, à organiser des élections dans un délai de neuf mois. Selon une note du cabinet d'analyse américain Soufan Group publiée mardi, il existe une similitude entre la situation soudanaise et "les manifestations du Printemps arabe qui se sont transformées en insurrections" globales, l'exemple le plus dramatique étant la Syrie.

Mercredi, le chef adjoint du Conseil militaire, Mohamad Hamdan Daglo, un ancien chef des Janjawid et chef des RSF, a prévenu qu'il ne permettrait pas le "chaos" au Soudan.

Il faisait référence aux barricades de fortune, faites d'amoncellements de pierres, de troncs d'arbres ou de pneus enflammés, érigées par les manifestants qui disent vouloir se protéger des RSF et contester l'autorité du pouvoir en place.

Le regroupement de médecins a ajouté que les forces de sécurité avaient abattu au moins dix autres personnes mercredi à Khartoum et dans la ville voisine d'Omdurman.

L'Arabie saoudite, qui a des liens étroits avec le CMT, a dit suivre les événements avec attention et a appelé à davantage de dialogue. "Le peuple soudanais mérite une transition dans le calme, menée par des civils, qui puisse établir les conditions pour des élections libres et justes, plutôt que d'avoir des élections hâtives imposées" par le Conseil militaire de transition au pouvoir, ont-ils écrit dans un communiqué commun.

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