Le gouvernement entend "poursuivre le dialogue" avec Bruxelles — Dette/Italie

Pierre Moscovici

Pierre Moscovici- EPA

Constitué il y a un an, le gouvernement d'union, déjà handicapé par les profondes différences entre les deux alliés, chancelle depuis les élections européennes du 26 mai, qui ont renversé le rapport de force.

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a déclaré mercredi vouloir " poursuivre un dialogue constructif " avec la Commission européenne après l'ouverture par Bruxelles d'une procédure pour déficit excessif contre l'Italie.

La Commission européenne a recommandé ce 5 juin d'ouvrir une procédure pour déficit excessif contre l'Italie en raison de sa dette, largement en dehors des clous européens et que la coalition au pouvoir pourrait encore aggraver.

Dans le cas où ils approuvent les sanctions financière contre l'Italie, elles pourront se plafonner jusqu'à 0,2% du PIB italien, soit environ 3,5 milliards d'euros.

"Au lieu d'être réduite, la dette publique de l'Italie, qui représente une charge importante pour l'économie, a encore augmenté" en 2018, souligne le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici.

Pierre Moscovici invite au dialogue la coalition populiste au pouvoir qui réunit la Ligue (extrême droite) et le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), en désaccord sur l'attitude à adopter.

L'énorme dette de l'Italie -plus de 130% du PIB- justifie selon Bruxelles de placer le pays en procédure de déficit excessif.

A l'appui de cette recommandation, l'exécutif européen fait valoir que la dette italienne risque d'atteindre de nouveaux records: 132,2% du PIB en 2018, puis 133,7% en 2019 et 135,7% en 2020 selon ses estimations. En outre, le déficit structurel devrait s'aggraver cette année.

Pour Luigi Di Maio, toute la faute pour cette éventuelle procédure est à imputer au précédent gouvernement dirigé par le Parti démocrate (PD, centre-gauche). Le M5S, qui avait obtenu 32,5% des voix aux législatives de mars 2018, a sombré à 17%, tandis que la Ligue Matteo Salvini, l'homme fort du gouvernement, est passée de 17 à 34% et entend désormais dicter l'agenda politique, en particulier sur les réponses face aux menaces européennes.

Le gouvernement italien avait déjà eu maille à partir fin 2018 avec Bruxelles, qui avait rejeté son projet de budget, jugé non conforme aux règles européennes.

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